samedi 28 janvier 2017

Moi, Simon 16 ans Homo Sapiens


Depuis quelques mois, Simon, 16 ans, correspond par mail avec Blue, un autre élève de son école.  Tous deux avancent sous le couvert de l'anonymat, ce qui leur convient parfaitement.  Sans risque d'être jugés, ils peuvent parler sans tabou de ce qu'ils n'ont encore révélé à personne : leur homosexualité...  De mail en mail, une amitié amoureuse se crée.  Tout bascule cependant lorsqu'un camarade de classe de Simon réalise une capture d'écran de leurs échanges et menace de tout balancer sur le Tumblr du lycée...

Voici un roman qui se lit facilement.  S'y alternent les chapitres où Simon, le narrateur, nous raconte avec humour et recul son quotidien en famille, entre amis et à l'école et ceux où nous pouvons lire les mails qu'il échange avec Blue. Cette façon de faire nous permet d'avoir deux éclairages complémentaires : un premier, plus extérieur, où nous découvrons le cadre (une petite ville de Géorgie, aux Etats-Unis), les personnages qui gravitent autour de Simon (attachants, ils apportent du corps à l'histoire) ainsi que les activités qu'ils partagent ; le second, plus intimiste, où nous suivons pas à pas la relation qui se construit entre les deux garçons. 

Le fil rouge de l'ensemble tourne autour de cette question qui hante les deux protagonistes : comment annoncer à leurs proches qu'ils sont gays ?  Tous deux soulignent l'injustice de la situation :

"Au fait, petite parenthèse : tu ne trouves pas que tout le monde devrait en passer par le coming out ?  Pourquoi l'hétérosexualité serait-elle la norme ? Chacun devrait déclarer son orientation, quelle qu'elle soit, et ça devrait être aussi gênant pour tout monde, hétéros, gays, bisexuels ou autres."

Le fait qu'on ignore l'identité de Blue ajoute une pointe de suspense à l'histoire. Comme Simon, on se perd en conjectures.  Comme lui, on tente de recouper les indices afin de deviner qui est son interlocuteur...

Malgré cette trame liée à l'identité sexuelle et aux difficultés pour des ados d'assumer leur orientation, ce titre se veut cependant léger.  Même si, comme partout, la différence entraîne son lot de vexations et de remarques assassines de la part de certains obtus, le récit ne tourne pas au drame et les personnages sont bien dans leurs baskets, entourés d'amis et de proches bienveillants.  On est loin de la tension et de la violence de ma précédente lecture, Le faire ou mourir.

Qu'à cela ne tienne, j'ai néanmoins passé un excellent moment de lecture.  J'ai particulièrement pris du plaisir à lire cet échange de mails empreint d'énormément d'autodérision et de passion à peine retenue.  J'ai souri plus d'une fois à la lecture des anecdotes familiales et amicales de Simon.  J'ai apprécié les nombreuses références musicales ainsi que les nombreux clins d'yeux aux fêtes et coutumes typiquement américaines ...  

Bref, j'ai aimé ce roman frais et nature qui vous replonge dans l'année de vos 16 ans !

Pour aller plus loin :



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