samedi 19 mars 2016

ORIGNAL



En plein dans un projet de campagne de prévention contre le (cyber-)harcèlement dans mon école, je ne pouvais pas passer à côté de ce titre amené dans les bagages du copain de mon aînée.  Lui-même venait de rencontre l'auteur, de glaner du même coup une jolie dédicace et était très enthousiaste à l'idée d'organiser une rencontre avec ses élèves.


Cette bédé en noir et blanc de 152 pages raconte l'enfer subi par Joe, un adolescent comme les autres.  Victime de harcèlement à l'école et sur les trajets, il essaie tant bien que mal de fuir son agresseur, prenant des chemins détournés pour l'éviter.  Un matin, il tombe nez à nez avec un orignal ou élan. L'animal, puissant, lui donnera-t-il la force d'échapper aux coups, aux mauvaises blagues, aux sanctions qui retombent finalement toujours sur lui et aux nombreux visites à l'infirmerie de l'école ?

Ce récit, tout en sobriété, prend réellement aux tripes.  Le lecteur se demande pourquoi personne ne voit rien, ne dit rien ; pourquoi la victime se tait elle-aussi...  Il met ainsi en lumière l'infernale mécanique du harcèlement et de la chape de silence qui l'entoure.

De fil en aiguille, on découvre que le nœud du problème se situe, comme souvent, dans une faille du harceleur.  De manière implicite, on comprend que, finalement, ce qui attise sa haine ce n'est pas la situation familiale particulière de sa victime mais le fait qu'il soit entouré d'amour...

Quant au final - que je vous laisse découvrir -, il est plutôt original et pose nécessairement question.  Si on assiste à un revirement de situation qui de prime abord fait plaisir, surtout qu'on ne sent pas une once de repentir dans le chef du harceleur, très vite on s'interroge : jusqu'à quel point peut-on pousser le "ça lui servira de leçon" ?

Volontairement, l'auteur nous laisse en plein doute et nous offre, en écho à la vignette d'ouverture, une dernière vue sur ce passage enneigé de la Nouvelle-Angleterre qui sert de décor à toute l'histoire et qui, ici, recèle dans ses entrailles, un terrible secret !

Pour aller plus loin :


Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

Un petit commentaire, c'est toujours sympa...