lundi 13 avril 2015

Pas si méchant



"L'ogre Boufpatan dit alors :
- A quoi ma vie ressemblerait si on ne me trouvait pas si méchant ?
Boufpatou et Boufpatro lui répliquèrent :
- Tu nous ennuies.  Bouffe."
Le voici, tout chaud, tout beau, aux couleurs de ce soleil printanier, le dernier titre signé par une grande dame de la littérature jeunesse, Marie-Aude Murail.

Dans ce recueil de trois courtes histoires à "l'humour tendre et mordant", comme le note l'éditeur Ker en 4e de couverture, elle s'adresse aux plus jeunes, à partir de 7-8 ans.

Dans la première qui a donné son titre à l'ensemble, on fait la connaissance d'un ogre qui découvre qu'il a un cœur.  Mais ici, pas de happy end comme dans Monstres et cie, quoique...  L'histoire s'achève sur une image à la symbolique forte qui rappelle au jeune lecteur qu'on ne donne jamais d'amour en vain !  Un jour ou l'autre, ce qui est donné finit par porter ses fruits...

Dans la seconde intitulée Les séquelles, il est aussi question d'amour, cette fois au sein d'une famille de petits lapins.  Pas simple pour le cadet de trouver sa place dans une fratrie où le père ne voit que par son fils aîné ; la mère, par sa fille...  Il faudra une épidémie de "mauvais caractère" (maladie qui touche tous les petits lapins) et le spectre de séquelles éventuelles pour que tous ouvrent enfin les yeux ! En filigrane de ce texte, la question de la fessée et de la claque versus le dialogue et l'amour comme préceptes pédagogiques.  Une question on ne peut plus d'actualité ! Ce récit peut également être le point de départ d'un débat avec les enfants sur les stéréotypes de genre : pourquoi un petit garçon devrait-il être forcément sportif, une petite fille aimer la lecture, etc. ?

Quant à la troisième, Papadacore, elle évoque la question du libre arbitre.  Pas simple là non plus de vivre avec un papa très à cheval sur les principes. Lorsque Jean-Pierre et sa sœur Véronique désirent quelque chose, leur père répond invariablement : "Oui...  mais...".  Aussi, lorsqu'un lutin leur donne une pièce pouvant changer le cours des choses, ils en usent et en abusent... Jusqu'au point de non retour ?  Telle est la question ! 

Vous l'aurez compris, ces trois histoires sont à la fois amusantes à lire et instructives.  A la fois courtes et dynamiques, elles sont idéales pour les lecteurs qui commencent à lire seuls.  L'auteure les prend d'ailleurs à partie à plusieurs reprises, impliquant également les parents dans le jeu.

Les illustrations colorées et pleines d'humour de Jean-Luc Cornette * rendent la lecture encore plus ludique. Le connaisseur y découvrira même des clins d’œil à deux grands de la littérature jeunesse...  

Qui aura l’œil acéré et pourra le premier me les citer ?  D'ici-là, n'hésitez pas à vous plonger dans ces "short stories" originales qui, au final, ne sont pas si méchantes mais pas si gentilles non plus !  



"A onze heures du soir, après avoir obtenu dix bisous, deux histoires, un verre de grenadine, quatre bonbons à la menthe et trois câlins, Tibou Nulantou consentit à s'endormir."


* Retrouvez-le avec son premier titre jeunesse, Le pianiste, la sirène et le chevalier

1 commentaire:

  1. Je ne connais pas ce titre de M-A Murail.
    Tu vois, je peux à nouveau poster des commentaires. Avec Firefox, ça fonctionne. Avec Chrome non!
    Bon weekend.

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