mardi 11 novembre 2014

Les brumes de Grandville 1 - Manotropa Uniflora

En ce 11 novembre, une plongée dans ce titre "jeune adulte" tombe à pic.  

B. éditions, 16 octobre 2014

Dans cette histoire, Apolline, après avoir passé les années de guerre dans un orphelinat-couvent, entre au service de la comtesse de Montfaucon comme professeur de musique.  Nous sommes en 1919 et le château de Grandville se situe à quelques pas de la clairière de Rethondes où a été signé l'Armistice. Les traces de la guerre se trouvent partout.

(...) la violence subsistait partout.  Dans les regards, dans les attitudes, dans les cauchemars des soldats revenus du front.  Jamais les vivants n'avaient autant ressemblé à des morts, et les morts à des vivants, qu'en cette année 1919.  Ceux qui étaient tombés obsédaient les esprits ; les rescapés n'étaient plus que l'ombre d'eux-mêmes.

Malgré tout, la jeune fille est bien décidée à croquer la vie à pleines dents mais, très vite, sa situation se complique.  Le jeune maître de maison, revenu de guerre, ne la laisse pas indifférente.  Pourtant, il ne cesse de souffler le chaud et le froid. Mais le pire (ou le meilleur ?) reste à venir lorsque, comme Jeanne, elle entend des voix... ou plutôt une voix, des plus envoûtantes...  Ce qu'elle lui révèle va changer à jamais son destin.

Mélange du Retour de Martin Guerre et de Et si c'était vrai..., cette romance teintée de fantastique nous plonge au cœur de la société française tiraillée entre le culte des morts tombés pour la  patrie et une envie folle de revivre... L'auteur dépeint avec beaucoup de brio cette société en pleine mutation, encore attachée aux valeurs du siècle précédent et, pourtant, tournée vers l'avenir, qu'elle espère plus rose...  Ainsi, par exemple, notre héroïne fera la connaissance d'une modiste à la vision résolument moderne.

Dans sa chronique de cette sortie de guerre, l'auteure fait également référence aux classes sociales encore bien marquées dans la société française.  L'envie de réussir d'Apolline est mal acceptée et nombreux sont ceux qui la poussent à rentrer dans le rang.


"La France déplorait deux millions de morts et quatre millions de blessés.  Le traumatisme était immense.  Les femmes avaient été mobilisées à l'arrière, et exigeaient désormais un rôle à part entière dans la société."

Mais à cette peinture historique et sociale s'ajoute donc une romance particulière puisque Apolline tombe sous le charme d'une voix désincarnée.  Ce fantôme qui n'en est pas vraiment un ne sait s'il est mort ou vivant. Tout ce qu'il sait c'est qu'on a usurpé son identité et que la jeune fille est la seule à pouvoir le réhabiliter.

Tout au long du récit, on est tenu en haleine par un double suspense.  D'une part, Apolline pourra-t-elle révéler le pot aux roses et démasquer l'usurpateur ? D'autre part, pourra-t-elle vivre pleinement son amour ?

Ce récit connait de nombreux rebondissements et on ne s'ennuie pas une seule seconde.  Le final, lui aussi, recèle un fameux retournement de situation qui donne une furieuse envie de se plonger dans le tome 2.

C'est d'ailleurs dans les toutes dernières pages que le titre de ce premier tome , Monotropa Uniflora, prend tout son sens. Signification que je ne vous révélerai évidemment pas pour vous ménager le suspense de la découverte.

En bref, un titre efficace qui plaira aux grandes romantiques (mais pas que...) et nous change de la vague "vampires" !  Et puis, ces fantômes sont plutôt bien sympathiques puisqu'on apprend que leur passe-temps favori est la lecture !


"Certains fantômes inspiraient même le lecteur dans le choix d'un ouvrage, ou aidaient les étudiants dans leurs devoirs.  Parfois, les esprits frappeurs s'amusaient à faire des farces : faisant croire à un courant d'air, ils tournaient les pages d'un livre, jusqu'au passage recherché par le lecteur.  D'autres fois, ils cornaient la page d'un extrait important, porteur d'un sens caché."

Ce titre trouve un prolongement inédit dans un single "Mort ou vivant" ainsi que dans un clip vidéo.



Pour aller plus loin, la page facebook dédiée à cet univers...


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