mardi 15 juillet 2014

"Eleanor & Park" et une nuit blanche !


Ah !  Ça faisait bien longtemps que je n'avais veillé pour un livre.  Il devait s'agir du dernier tome d'Harry Potter !  Un bail !  "Eleanor & Park" pourra se vanter d'avoir réussi cet exploit en me tenant éveillée jusqu'aux petites heures du matin !

Waouh !  Voilà ma première réaction !  Ça résume bien l'effet produit par un livre qui vous happe du début à la fin et vous laisse, le cœur battant la chamade, à la fin de ses 58 chapitres et ses 378 pages où se succèdent à la troisième personne les points de vue d'Eleanor et Park, deux ados de seize ans ! Mais bon, je me doute bien que vous attendez plus.  Il me faut maintenant trouver les mots pour exprimer pourquoi ce titre est un de ceux qui va compter.

Tout d'abord parce qu'avec lui, Roméo & Juliette peuvent aller se rhabiller. Eleanor et Park sont des personnages qui paraissent de chair et de sang, loin des clichés des amoureux sublimes de Vérone - "deux gosses de riches qui ont toujours eu ce qu'ils voulaient" comme pense Eleanor.  On ne peut pas dire que ce soit son cas.  Trop rousse, trop ronde, elle cache les misères de sa vie derrière des frusques invraisemblables.  Tout pour être le souffre-douleur des pestes du lycée.  Quand Park la voit pour la première fois dans le bus scolaire, il se dit qu'il ne va pas sacrifier sa tranquillité pour "une fille comme ça".  Sa décision de se pousser côté fenêtre va pourtant changer leur vie.  Lui, Park, a plus de chance. Même si les autres le traite de Coréen, il est néanmoins respecté puisque son père, un ancien militaire, est originaire du coin.  De plus, il a la chance d'être entouré de parents aimants et amoureux comme au premier jour. 

Ensuite, parce que leur amour naissant se nourrit de leurs différences.  Petit à petit, la frontière entre eux (15 cm de banquette) s'amenuise.  Leur rapprochement se nourrit de comics et de musique punk rock.  Ces partages colorent de rose le quotidien particulièrement sordide d'Eleanor et changent sa vision particulièrement pessimiste de la vie et du monde :

"Elle (la musique) lui faisait prendre conscience que tout, le monde entier, n'était pas ce qu'elle pensait.  Et c'était plutôt chouette  comme sensation.  C'était la meilleure des sensations."

Aussi, lorsqu'elle offre en retour son sourire à Park, celui-ci fond.  Il n'aura alors de cesse de se battre envers et contre tout, même contre lui-même, pour vivre cet amour qui éclot.  Un amour qui magnifie Eleanor, le vilain petit canard qui, aux yeux de Park, devient un magnifique cygne.  Lui même est transfiguré, au sens propre et au sens figuré (je vous laisse découvrir pourquoi), et assume sa vrai personnalité, n'en déplaise à son père !

Non !  Détrompez-vous, il ne s'agit pas ici d'une mièvre histoire à l'eau de rose. L'auteure aborde des thèmes qui en font une histoire bien actuelle, même si l'intrigue se déroule en 1986 !  Harcèlement scolaire, familles désunies, parents démissionnaires, précarité sociale, violence conjugale,...  Autant de situations qui font malheureusement le quotidien de bon nombre d'ados.  Pour contrebalancer cette noirceur, Rainbow Rowell nous offre un merveilleux message d'espoir et de tolérance.  Nos différences sont source de richesses infinies !  Tendre la main à l'autre peut nous apporte bien plus qu'on ne l'imagine !

"Tenir la main d'Eleanor, c'était comme tenir un papillon.  Ou un battement de coeur.  C'était tenir une chose pleine, et pleinement vivante."

Mais revenons sur le cadre temporel de ce récit !  Pour moi, il constitue également une des clés du succès de ce titre.  Pour les jeunes lecteurs, ils découvriront toute cette époque des années 80 avec des références littéraires, musicales et cinématographiques cultes.  Pour moi, il m'a rappelé mes seize ans et mon premier amour (devenu l'amour de ma vie).  J'ai notamment ri à l'évocation de Hall and Oates, groupe dont mon amoureux transi me chantait des morceaux entiers...  

En réalité, pour être honnête, a contrario des autres blogueurs qui l'ont déjà lu et chroniqué, j'ai plus ri que pleuré.  Bien sûr, il y a des moments plus durs, ces mots sales qui veulent détruire l'innocence d'Eleonor... Mais, au-delà, il y a surtout la fraîcheur et la pureté d'un premier amour !  

""Il n'y avait rien de honteux avec Park.  Rien de sale.  Parce que Park est le soleil", et c'était la meilleure façon qu'elle ait trouvée pour l'expliquer." 

Le mot de la fin, je le laisse à Park à qui son professeur de littérature demandait pourquoi "Roméo et Juliette" avait traversé les temps.  Sa réponse pourrait s'appliquer à leur histoire :

"Parce que les gens aiment se rappeler ce que c'est que d'être jeunes, et amoureux."

Pour aller plus loin, l'avis d'Audrey - Le souffle des mots...

3 commentaires:

  1. Je ne connais pas du tout ce livre mais je pense que je vais devoir m'en souvenir.
    Une couverture un peu spéciale qu'on n'oublie pas facilement.

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  2. Ce livre, quelle merveille. ♥♥

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    1. Ouiiiiiiiiiiii ! Il fait d'ailleurs quasi l'unanimité :-)

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