dimanche 6 avril 2014

Souvenirs de ma nouvelle vie

Depuis le pire des pires jours de sa vie, l'existence de Charlie, onze ans, est bouleversée. Adieu sa maison et sa liberté, bonjour le rez-de-chaussée d'un immeuble à appartements et la perspective d'un été à rester enfermée.  

Mais la jeune fille, malgré son chagrin, a des idées à revendre. Munie de son appareil photo et d'une minuterie (elle s'octroie des petits quarts d'heure pour ne pas inquiéter ses parents), elle part en exploration des étages...  



"Et si, finalement, les pires malheurs pouvaient rendre heureux ?"

En voilà un titre optimiste comme je les aime. L'auteure nous conte toute la force de l'enfance qui, grâce à son imaginaire et à sa créativité, est capable de transcender le malheur en bonheur. 

Ce regard positif sur la vie est présent dès l'épigraphe judicieuse d'Albert Einstein : "La vie, c'est comme la bicyclette : il faut avancer pour ne pas perdre l'équilibre."

Plutôt que de s'enfermer dans le souvenir morbide d'un passé qui ne reviendra plus, Charlie s'évade et construit les souvenirs heureux de son avenir.  A travers ses expéditions des étages et des appartements de son immeuble, elle multiplie les rencontres riches en échanges et fait la connaissance d'une vieille dame particulièrement excentrique.


"Dans la salle de bains, en regardant pour la dix-huitième fois mon Carnet d'exploration des étages, j'ai réalisé que j'avais certainement battu le record du nombre de rencontres effectuées par un enfant interdit de sortie..."

Cette rencontre particulière va littéralement changer sa vie.  Même si tout semble les opposer, elles se ressemblent...  et se comprennent.  En elles, il y a les mêmes fêlures.  Cette amitié improbable qui se construit au fil des pages est de celles qu'on n'oublie pas une fois le livre refermé.

Comme on n'oublie pas non plus le personnage de Charlie et sa façon particulière d'aborder la vie.  De par ses différences, comme son besoin quasi compulsif de compter ou celui de trouver calme et sérénité en se couchant dans sa baignoire vide, elle secoue nos certitudes et nous pousse à regarder la vie sous un autre angle.  Son humour, son franc-parler, tout concourt pour nous secouer et nous pousser, nous aussi, à aller de l'avant.



Et si l'auteure aborde ici les délicats sujets de la mort, du handicap, du deuil, de la vieillesse, ..., elle nous rappelle de bien jolie manière ce joli proverbe : Après la pluie, le beau temps ! Et Charlie nous ouvre la voie...  Alors, laissez-vous guider !

Ce titre recèle en outre de nombreux petits plus qui m'ont charmée.  Je vous les livre en vrac...

Tout d'abord, l'histoire se passe en Belgique et, à travers les photographies que Charlie prend de chaque appartement, le lecteur découvre de magnifiques panoramas de Bruxelles, la capitale.

Ensuite, le personnage de Charlie - les personnes qui la rencontrent hésitent sur son sexe - se cherche.  Au fil des pages, son évolution psychologique aura des répercussions sur son évolution physique.  Ces changements, on les découvre petit à petit.  Il faut dire que la narratrice/l'auteure sait ménager le suspense et interpeller le lecteur... pour notre plus grand bonheur de lecture.   

Enfin, comme pour En toutes lettres, le précédent titre de l'auteure, on retrouve en tête de chapitres, les petites illustrations "au pochoir" de Rascal.  Leur duo d'origine namuroise fonctionne à merveille. Chaque dessin de l'un réussissant l'exploit de capturer l'essence des mots de l'autre... 

Impossible de vous parler de toutes les surprises que recèle ce titre, le personnage de Charlie ainsi que ce duo particulièrement riche qu'elle forme avec Olga, cette vieille auteure prétendument russe... Un conseil : lisez-le !  

Pour aller plus loin :



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