mercredi 26 février 2014

Je porte la culotte/Le jour du slip

Editions Du Rouergue, collection Boomerang, 15 mars 2013

Je ne m'étendrai pas sur la polémique insensée qui s'est déchaînée autour de ce petit ouvrage début février. Maman Baobab, une de mes comparses A l'ombre du grand arbre, vous en parle (bien mieux que je ne le ferais) sur son blog

Juste dire qu'à quelque chose malheur est bon puisque cette tempête dans un verre d'eau m'aura donné l'envie de lire ce titre et, par la même occasion, m'aura permis de découvrir cette collection des plus originales qui propose, en recto verso, un récit à quatre mains où deux auteurs traitent du même thème selon un point de vue différent. Comme quoi, finalement, les détracteurs en sont pour leurs frais.  Comme pour l'album Tous à poils, lui aussi dans l’œil de la tourmente, ce coup d'éclairage médiatique, aura au moins eu le mérite de booster les ventes !

Mais revenons à l'essentiel, à cette littérature jeunesse qui a pour objectif premier l'éveil de l'imaginaire de l'enfant.  Et ici, c'est bien de cela dont il s'agit. Un matin, Corentin se réveille dans la peau de Corinne et Corinne dans la peau de Corentin.  

Le premier choc passé, tous deux sont confrontés à de multiples changements : les vêtements, l'attitude des proches, la relation avec les copains/copines de classe, les  jeux, ... Ce qui est d'abord vécu comme un film d'horreur se transforme petit à petit en une expérience enrichissante. 


"C'est très étrange parce que JAMAIS Corentin ne serait allé trouver un groupe de filles."
Cette aventure de quelques heures leur permet de se rapprocher de l'Autre, celui qui est, a priori, si différent.  Et pourtant, de fil en aiguille, ils finissent par se rendre compte que pour les garçons comme pour filles, malgré leurs différences, ce qui compte VRAIMENT ce sont les sentiments : l'amitié, l'amour...  qu'il n'est pas toujours aisé d'avouer !  Ce rapprochement leur permet aussi de casser les codes sociaux et, plutôt que de vivre côte à côte, de tenter le vivre ensemble...

Avec humour, entre les lignes, les auteurs évoquent aussi des préjugés qui ont la peau dure. Ceux qui touchent les activités, les métiers, les tempéraments... Pourquoi la lecture serait-elle réservée aux filles, le sport aux garçons ? Pourquoi un garçon serait-il forcément comptable, une fille coiffeuse ? Pourquoi le sens de l'humour serait-il typiquement masculin, la sensibilité typiquement féminine ? etc.

Ce qui fera sourire les enfants fera réfléchir les parents qui, même progressistes dans l'âme, n'échappent pas à ces idées toutes faites sur les rôles de chacun (consciemment ou le plus souvent inconsciemment)... Pas simple de s'émanciper d'une culture qui nous a formatés !

Des idées égalitaires...  Voilà donc ce qui effraie tant les réactionnaires !
Beaucoup de bruit pour rien...  Non ? 



Pour aller plus loin :

1 commentaire:

  1. Nous faisons une lecture commune le 10 mars prochain autour de ce livre... Oui, beaucoup de bruit pour rien !

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