dimanche 19 janvier 2014

La forêt plénitude

Editions Mijade, 31 octobre 2013

Impossible de résister à cette nouvelle édition de La forêt plénitude de Frank Andriat.  La couverture seule invite déjà à la balade intérieure.

Pour le texte, j'ai replongé avec allégresse dans ce court récit d'une jeune fille de bonne famille qui, au lendemain de ses dix huit ans, envoie tout valser pour une retraite en ermite au cœur de la forêt. Le point de départ de ce revirement, un bouquin de quarante pages en apparence anodin que lui a timidement offert un oncle éloigné.  Ce petit grain de sable dans son quotidien tout tracé va lui permettre de découvrir qui elle est, ce qu'elle veut et surtout ce qu'elle ne veut plus.  Et, au bout du chemin, la plénitude...

"Un livre, ça peut être tout ou presque rien.  Un coup de vent dans la forêt du songe, un tremblement dans notre vie réelle.  Il peut modifier la lumière de notre quotidien, la rendre soudain plus vive ou plus ténue.  On continue de respirer comme avant et, pourtant, au cœur de nous, une graine pousse, inattendue.  Quand tout à coup elle germe et qu'elle transforme une de nos habitudes, on s'étonne.  On a oublié le livre depuis longtemps, mais c'est de lui qu'elle est venue, qu'elle nous a envahis."

Avec ce récit, l'auteur rend un vibrant hommage à un écrivain qu'il affectionne tout particulièrement, Christian Bobin, et à ces livres qui vous bousculent à un tel point que votre vie s'en trouve bouleversée, à jamais.

Il fait également l'éloge d'un retour à la nature, d'une plongée aux sources de la vie, d'une rencontre avec l'infiniment petit et l'infiniment grand, d'un élan vers tout ce qui nous dépasse.  Au fond de son introspection, son héroïne découvrira Dieu, celui qu'elle nomme Velours, "le Vivant en tout être et toute chose".

Frank Andriat décrit à merveille le parcours de son héroïne, un cheminement proche de l'ascète qui, malgré les moments de doute, se détache peu à peu de tout le côté matériel, superficiel de la vie pour se recentrer sur l'essentiel.

"J'avais envie d'un autre bonheur que celui qu'on exhibe, qu'on calcule. Un bonheur qui se reçoit simplement, un bonheur de pauvre.  Je n'en pouvais subitement plus de mon univers de nantis où je ne valais que par ce que je possédais, que lorsque je me pavanais, que lorsque je me réclamais des miens plutôt que de moi-même." 

Qu'on soit croyant, athée ou agnostique - ce qui est plutôt mon cas -, on ne peut rester insensible aux arguments qu'il avance.  Pour se sortir de cette fuite en avant, caractéristique de nos sociétés modernes, de cette lancée à toute vitesse contre le mur, il est plus que nécessaire de réconcilier le rationnel et l'irrationnel ; de retrouver une part de mystère, de poésie, de beauté dans tout ce qui nous entoure.

S'arrêter et regarder comme le monde est beau !  S'émerveiller, tout simplement.  Se sentir VIVANT !

"Il faut accepter de  perdre nos repères pour élargir notre horizon, mais c'est difficile.  Nos habitudes créent nos repères, elles sont nos béquilles."
Pour aller plus loin :

2 commentaires:

  1. Je pense l'avoir lu mais je ne m'en souviens pas du tout.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. L'occasion de le relire alors ! La couverture donne envie, non ?

      Supprimer

Un petit commentaire, c'est toujours sympa...