dimanche 8 décembre 2013

43, rue du Vieux-Cimetière (livre 4) - Le fantôme hante toujours deux fois

C'est la révolution à Livid City : le bureau de poste va bientôt fermer !  En cause, le VEXTO, un nouvel outil technologique révolutionnaire !  Les habitants du manoir Vranstock sont bien embêtés. Comment vont-ils désormais pouvoir livrer les chapitres de leur livre ? Si Lester, le fils, se laisserait bien tenter par la modernité et Ignace, son père adoptif, serait prêt à se laisser convaincre, c'est loin d'être le cas d'Adèle, sa mère adoptive.  Il faut dire que quand on est un fantôme, mort de surcroît en 1911, on reste attaché aux moyens de communication à l'ancienne !  Et comme si cela ne suffisait pas, voilà qu'ils reçoivent d'étranges lettres de menaces d'un fan...

Ce titre m'est tombé un peu par hasard entre les mains. Je cherchais le 1er tome et c'est celui-ci que j'ai déniché. Et, comme toujours, le hasard fait bien les choses puisqu'il me permet d'allier plaisir et boulot.

"Tant qu'il y aura des postiers, il y aura du piquant." William James
Je m'explique...  Le thème de ce livre tourne autour du débat courrier traditionnel versus nouvelles technologies et, plus loin, écrit versus virtuel. Une lecture idéale pour aborder avec mes petits élèves les notions de thème, thèse, arguments, contre-arguments, avis positif, négatif, mitigé, etc.
"Lester chéri, tu vas peut-être juger cela difficile à croire mais, un jour, tu voudras sûrement partager des moments privilégiés avec l'élue de ton cœur.  Et là, tu auras envie de lui faire la lecture sur un bon vieux livre. (...)
Quand je serai plus vieux, il n'y aura plus de livres..." 
En effet, dans cette histoire, chacun y va de son opinion.  Il y a les adversaires farouches de toute modernité qui campent sur leurs idées et restent persuadés que rien ne vaut l'écrit pour nouer de véritables amitiés.  Ceux qui restent attachés à l'expression écrite mais sont conscients des avantages qu'apportent ces outils modernes que sont le téléphone, l'ordinateur, etc..  D'autres encore qui sont accros à ces moyens de communication virtuels, au point d'en oublier parfois de vivre.  Et puis, il y a les extrémistes qui veulent faire table rase du passé, quitte à jeter le bébé avec l'eau du bain. Heureusement, tout ce beau monde va finir par évoluer et trouver un compromis...


"N'est-ce pas amusant, ces choses que l'on trouve essentielles quand on est vivant ?  En ce qui me concerne, c'est une fois morte que j'ai pris conscience des choses qui comptaient pour moi, et ce ne sont justement pas des choses.  Ce sont ma famille et mes amis." Adèle I. Vranstock, écrivain fantôme

Toute l'intrigue se développe autour d'un échange épistolaire.  Chaque protagoniste a son style et on reconnaît la patte de chacun grâce à son écriture. Entre les lettres, on a droit aux reproductions des éditions de La Gazette de Livid City qui regorgent de renseignements sur l'évolution de l'affaire...

Celle-ci se complique encore avec l'apparition d'un deuxième fantôme, d'un grippe mystérieuse et la non moins mystérieuse disparition de la lettre "f".

Ce dernier événement ne phacilitera pas la tâche de Lester et de sa phamille pour le moins atypique. (Ouille !  Me voilà atteinte moi aussi !)

Au charme désuet d'Adèle qui prône les vertus de la correspondance à l'ancienne répond celui, piquant, de Wynonna Fee, accro à son GSM, qui ne parle qu'en langage SMS.  Un grand écart qui fait sourire et permet d'alimenter le débat.




Si l'écrit a son importance, la lecture n'est pas en reste non plus.  Pour "désintoxiquer" sa nièce, le bibliothécaire lui propose de lire Le fantôme de l'opéra de Gaston Leroux.  Un roman qui permettra aux deux ados de l'histoire de se rapprocher et de dénouer cette intrigue.

En conclusion, une histoire amusante où chacun va tirer le meilleur de son époque.  On y plonge avec délice, comme on le ferait dans une vieille boite remplie de lettres qu'on aurait dénichée au grenier.  La mise en page illustrée rend la lecture bien bien agréable.

Un titre qui donne envie de prendre la plume, le stylo ou le bic... 

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