mercredi 13 novembre 2013

Les trois petites cochonnes

© Ecole des loisirs, 1997
« J'aime bien l'histoire des trois petits cochons, mais elle était déjà illustrée plein de fois. J'ai alors imaginé qu'ils avaient trois sœurs : les trois petites cochonnes. Pour une fois, c'est le titre qui a été à l'origine de l'album car, habituellement, on donne le titre plutôt à la fin ! » 
Frédéric Stehr

Qu'arrive-t-il aux trois sœurs des petits cochons ?  Arrivées à l'âge de se marier, elles partent chacune de leur côté à la recherche du mari idéal, la dote que leur a donnée leur mère en poche.  La première petite cochonne, qui aime le confort, achète une grosse maison de pierre.  Mais le loup, déguisé en riche cochon, a tôt fait de frapper à sa porte...  Se laissera-t-elle berner par sa belle apparence ?  Et qu'en sera-t-il de ses deux sœurs ?  




Avec ce titre, l'auteur nous propose un renversement délibéré du conte d'origine.  Les trois petits cochons deviennent trois petites cochonnes, l'ordre des maisons est inversé et la plus solide ne s'avère pas la plus efficace !  En effet,  que peuvent des murs de pierre si on invite imprudemment le loup à rentrer chez soi ?

Seule la troisième petite cochonne a plus de jugeote et se montre plus rusée que le loup lui-même...  Au lieu d'attendre passivement l'élu et se laisser séduire par le baratin et la belle mise du premier venu, notre héroïne agit, démasque et met hors d'état de nuire le prédateur...  Quant à la question de savoir si elle trouve le "meilleur mari possible" parmi les nombreux prétendants qui se bousculent au portillon, l'histoire ne le dit pas vraiment !  Ce qui importe après tout c'est qu'elle ait le choix !

Dans cet album, l'histoire n'est pas édulcorée et les deux premières petites cochonnes sont bel et bien croquées.  Par contre, l'épilogue (constitué par la dernière illustration de la 4e de couverture) permet un retour à l'équilibre où chacun retrouve sa place.  En effet, si la victime se transforme un temps en agresseur (Ne dit-on pas que la meilleure défense c'est l'attaque ?), c'est pour que justice soit faite - la vraie, pas celle du talion. 




En conclusion, une relecture moderne plutôt pimentée, un rien subversive ; une histoire d'arroseur arrosé qui a des allures de double mise en garde : dans la vie, surtout, ne vous fiez pas aux apparences et prenez votre destin en main !

2 commentaires:

Un petit commentaire, c'est toujours sympa...