samedi 9 novembre 2013

14 auteurs racontent... Les chroniques de Harris Burdick


En 1984, Chris Van Allsburg publie quatorze planches accompagnées chacune d'un titre et d'une courte légende.  Pour alimenter le mystère (créer un buzz dirait-on aujourd'hui), l'auteur ne s'en attribue pas la paternité.  Selon lui, c'est un certain Harris Burdick qui les aurait déposées des années auparavant chez un éditeur avant de disparaitre mystérieusement sans jamais apporter les histoires promises.

Depuis, les lecteurs en sont réduits à les imaginer...  Et ces lecteurs ne sont pas que des enfants !  Parmi eux, de grands écrivains se prêtent au jeu, comme le grand maitre de l'horreur Stephen King qui publie en 1993, dans son recueil de nouvelles Rêves et cauchemars, une nouvelle directement inspirée d'un des dessins de Burdick et intitulée La Maison de Maple Street.




Aujourd'hui, avec ce recueil Les chroniques de Harris Burdick, on découvre quatorze textes d'auteurs, dont celui de Stephen King.  A ses côtés, que du beau monde : son épouse, Tabitha King ; Jon Scieszka ; Sherman Alexie, Gregory Maguire ; Cory Doctorow ; Jules Feiffer ; Linda Sue Park ; Walter Dean Myers ; Lois Lowry ; Kate DiCamillo ; M.T Anderson ; Louis Sachar et Chris Van Allsburg lui-même. 

Certains ne me sont pas étrangers comme Sherman Alexie de qui j'ai lu le très beau Le premier qui pleure a perdu ou Walter Dean Myers et son Harlem Blues.  Et puis, il y a aussi Louis Sachar (Le passage), Lois Lowry (Le Passeur), Lemony Snicket (Les désastreuses aventures des orphelins Baudelaire), sans oublier Chris Van Allsburg (Jumanji, Le Pôle express).

En tout, cela nous donne un ouvrage de 320 pages où se côtoient des histoires qui ont comme dénominateur commun leur incursion dans la dimension fantastique.  Surprenantes, effrayantes, dérangeantes, ... elles nous emmènent toutes de l'autre côté du miroir - de l'autre côté de l'image devrait-on plutôt dire.

En voici quatre, parmi mes préférées.
La première, Un autre lieu, un autre temps, on la doit à Cory Doctorow, blogueur, journaliste et auteur de science-fiction. On y suit Gilbert, un petit garçon qui est persuadé qu'il doit être possible de se déplacer dans le temps comme dans l'espace. Par amour pour son père, il n'aura de cesse de prouver sa théorie.  Une histoire de dimensions parallèles qui m'a beaucoup émue si ce n'est ce passage complètement réducteur sur la Belgique : 
"- La Belgique !  Mon pauvre enfant.  J'ai échoué là-bas, une fois ou deux.  Un pays de banquiers et de fromagers.  La Belgique, c'est comme se taper la tête contre les murs, ça fait tellement de bien quand on s'arrête !"   
La deuxième, La harpe de Linda Sue Park relate l'histoire d'un magicien - un vrai - à la retraite qui utilise ses dons pour aider ses proches : deux petites sœurs qui se disputent sans cesse et son propre petit-fils qui n'arrive pas à faire son deuil et de sa mère et de la ville.  Une ode à la nature et à la musique, capables de guérir bien des maux.

La troisième,  La chambre du deuxième étage de Kate DiCamillo, est rédigé sous forme épistolaire et se déroule pendant le seconde guerre mondiale.  Une petite fille, Pearlie, confiée à sa tante qu'elle considère comme une sorcière, écrit à Martin, son frère ainé parti au front.  Elle lui écrit sa peine d'être séparée de lui, sa colère qu'il l'ait envoyée chez cette tante, sa maladie qui lui fait frôler la mort, le tout avec énormément d'humour et une dimension fantastique très poétique.

La quatrième, mon coup de coeur, s'intitule La bibliothèque de M. Liden et on la doit à la plume de Walter Dean Myers !  Une histoire qui parle de livres bien sûr mais surtout du pouvoir de l'imagination.


"- Vous devez vraiment aimer les livres, dit Carol en voyant tous ceux que possédaient le vieux marin. 
- Les livre ont toujours été mes amis, et de ceux auxquels je fais le plus confiance, répondit M. Linden. Les meilleurs d'entre eux permettent à l'esprit de vagabonder là où le portent les pensées de l'auteur. Je lis le livre qui se trouve là, mais tous les autres sont à ta disposition, tu peux les emprunter."
Pour Carol Jenkins, la bibliothèque de monsieur Linden, c'est un peu la caverne d'Ali Baba.  Pourtant, ce qui l'intrigue, c'est ce livre que le vieil homme lit et relit, toujours à la même page !  Quel secret recèle-t-il ?  Pour quelle raison monsieur Linden le garde-t-il si jalousement ?  Il est des mystères qu'il vaut mieux ne jamais percer... 

Je pourrais également vous parler de Sous le tapis de Jon Sciezka qui m'a fait penser à La boule noire de Thomas Owen, de Un étrange jour de juillet où deux effroyables jumeaux découvrent à leurs dépens qu'il y a toujours un retour de manivelle, de Le désert de Halloween de M.T. Anderson qui nous renvoie à cette angoisse : et si tout ce qui nous entoure n'était qu'une création virtuelle ! ou de La maison de Maple Street de Stephen King où des enfants se débarrassent de leur beau-père tyrannique...

Je laisse le mot de la fin à Lemony Snicket qui dans son introduction à ce recueil nous donne le conseil suivant :

"Lorsque vous relirez les histoires, regardez bien les images, et songez aux mystères de Harris Burdick, vous vous trouverez alors vous aussi au cœur de ce mystère qui réunit tant d'auteurs et de lecteurs en proie à la même stupeur, au même émerveillement." 

Pour aller plus loin, le site de l'auteur...

3 commentaires:

  1. Ah voilà qui devrait me plaire ! J'aime beaucoup les illustrations d'Harris Burdick et ce petit mystère autour de tout ça :-)

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  2. Je ne connais aucun des auteurs à part Stephen King bien sûr. Je ne connais pas ces chroniques mais ça peut être intéressant.
    Bonne semaine.

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