samedi 26 octobre 2013

Zelda la rouge


Zelda, c'est une jeune ado bien dans ses baskets malgré les coups durs qui lui a réservé sa vie. Renversée par une voiture alors qu'elle était enfant, elle a perdu l'usage de ses jambes...  Les coups de sort ne s'arrêtent pas là puisqu'elle a également vécu le suicide de sa mère et le décès de sa grand-mère.  Malgré tout, l'adolescente est persuadée que la vie vaut encore la peine d'être vécue...
Sa sœur Julie, surnommée Jules en raison de son look à la garçonne, de quatre ans son ainée, est loin de partager son optimisme.  Son don de médium et son travail dans un home n'arrangent peut-être pas les choses...  Adulte avant l'âge, elle s'est endurci le cœur et n'a qu'une seule obsession : retrouver le type qui a bousillé la vie de sa sœur...  LEUR vie...  
Dans la maison que leur a léguée leur grand-mère, entourées de deux colocs à la fois originaux et généreux, la vie continue vaille que vaille...  jusqu'à l'irruption de Baptiste qui, en moins de temps qu'il ne faut pour le dire, bouscule leur petit univers...



"L'union de plusieurs impuissances produit parfois des miracles."
Ce qui surprend d'emblée quand on plonge dans ce livre, c'est la rapidité avec laquelle on entre dans l'intimité de tous ces personnages hauts en couleur. Très vite, ils s'assimilent à de vieilles connaissances...  de celles qu'on est heureux de rencontrer dans sa vie car, sans le vouloir, sans le savoir, ils nous apportent du bonheur...  

Tous sont criants de vérité.  A commencer par Julie qui, pour se protéger de ce qu'elle appelle "la malédiction qui pèse sur les femmes de sa famille", se crée une carapace de dure à cuire.  Pourtant, même si elle est pire qu'une mère poule quand il s'agit de défendre les intérêts de sa "petite" sœur,  elle fait montre d'énormément d'empathie envers les pensionnaires du home "3 étoiles" dans lequel elle travaille, égratignant au passage l'indifférence, la rudesse ou l'infantilisation dont font preuve nombre de ses collègues envers les petits vieux !  Dès les premières pages, on ne peut que l'aimer !

Quant à Zelda, elle nous réconcilie avec le genre humain !  Handi, selon ces termes, elle a la lucidité et l'optimiste propres aux personnes qui ont compris que la vie est un cadeau et que, plutôt que de se lamenter sur son sort, il faut tourner la page et aller de l'avant.  Sa maturité exemplaire fait réfléchir et offre une belle leçon de vie à tout un chacun. 
"Maintenant je me dis je suis comme ça et je m'intéresse à tout ce que je peux faire, pas à tout ce que je peux plus faire." 
Les personnages secondaires ne sont pas en reste.  Jocelyn, Jojo pour les intimes, ex-SDF, et Kathy, quinquagénaire complexée, sont eux aussi deux écorchés de la vie.  Par leur générosité, leur joie de vivre, leurs plaisirs simples, ils nous donnent la pêche...  On rêverait presque de jardiner avec l'un et de cuisiner avec l'autre.  Et puis il y a Paul, ce papy adoptif qui pose sur chaque être et sur chaque chose son regard tendre de peintre et de philosophe...

L'auteure nous narre le quotidien de ces héros de la vie en nous proposant de courts chapitres simplement intitulés "Zelda" ou "Julie".  Parfois les points de vue s'alternent, parfois celui d'une sœur en particulier se prolonge d'un chapitre à l'autre.  Le tout mâtiné d'un langage sans fioritures qui a l'art de vous tenir éveillés !

Et puis, ne le cachons pas, ce récit joue aussi sur notre côté "voyeur".  D'un bout à l'autre, on s'interroge comme Julie sur la face cachée de chacun des hommes qu'elle rencontre.  Et si, sous ses dehors charmants, c'était lui le salaud qui avait renversé sa Zelda !

Quant au final, il fait peur !  Comme les héros, on est écartelés entre "la haine qui fausse tout et l'amour qui enjolive tout".  Entre les deux, il y a place pour la rédemption et le pardon...  l'amour aussi...


"Et cet amour, je le garde bien au chaud, pour les jours sombres."

En bref, un roman qui, au-delà du résumé a priori très "Zola", recèle des tonnes de tendresse et de coups de pied au cul !  A lire !


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(17/18 pour les 3 %)



1 commentaire:

Un petit commentaire, c'est toujours sympa...