jeudi 24 octobre 2013

Véra veut la vérité et Dora demande des détails




Véra veut la vérité et Dora demande des détails reprend deux titres précédemment publiés séparément à l'école des loisirs, en 1992 et 1993.  Les regrouper est une excellente idée puisque les auteures, Léa et Nancy Huston, abordent dans l'un comme dans l'autre les questions existentielles que tout enfant se pose sur la vie, la mort et ce qui fait qu'on est unique au monde...  Questions auxquelles, parents, avons bien des difficultés à trouver de bonnes réponses.


Pour Véra, tout commence avec une feuille qui lui tombe sur la tête.  Son père lui dit que c'est une feuille morte.  "Qu'est-ce que c'est, morte ?" demande-t-elle à son papa.  "Ca veut dire une chose qui a été vivante et qui ne vit plus."  L'explication est loin de convaincre l'enfant qui lâche la feuille mais pas la question qui revient, lancinante, et de manière de plus en plus concrète, au fil des ans et des expériences de sa vie...  Jusqu'au jour où c'est son grand-père qui meurt.  Elle attend alors une autre réponse que l'habituel "c'est la vie" et s'interroge sur ce qu'il y a après...
"- J'en ai marre, à la fin, de vos c'est la vie !  C'est pas la vie, ça !  C'est la mort !  La vie, elle est belle !  gaie !  rigolote !  Et c'est pas juste, pas juste, pas juste... !"
Ici, pas de réponse toute faite - "Il y a toutes sortes d'avis sur le sujet." - ni de recette miracle pour éviter à l'enfant de souffrir mais un plaidoyer pour lui fournir une réponse à la fois vraie et personnelle.

"Une fois n'est pas coutume, j'ai trouvé l'explication de mon père tout à fait fantastique."



Si  Véra s'interroge sur l'après, Dora, rejetée par ses copines parce qu'elle est un peu ronde, ne sait pas nager, etc., se sent différente et se pose, quant à elle, des questions sur ses origines : "Où est-ce que j'étais avant d'être née ?" et "Pourquoi est-ce que je suis moi, et pas quelqu'un d'autre?". 

Questions ô combien embêtantes là aussi. Dans ce récit-ci, on y parle individualité, droit à la différence, part de l'hérédité, de l'acquis et du libre-arbitre.  Ici, ce ne sont pas les parents ni l'institutrice de Dora qui lui apportent les réponses attendues mais Bigarrée, une jeune bohémienne pleine de bon sens qui a un œil bleu et un œil vert... 

Dans les deux cas, Dora et Véra font l'apprentissage de la vie.  Ces moments-clés de leur formation sont soutenues par les illustrations douces de Junko Nakamura, des personnages dépourvus d'yeux, peut-être pour faire comprendre aux lecteurs que ces questionnements sont universels et que Véra, Dora, ...  c'est tout un chacun !

1 commentaire:

  1. Particulièrement tentée ! Et ces illustrations sont fabuleuses.

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