vendredi 27 septembre 2013

No man's land



"L'égocentrisme qui a conduit les humains à désavouer les principes mêmes de la vie demeure pour nous une énigme."

L'apocalypse a eu lieu.  L'humanité a été éradiquée.  Seuls survivants, quelques robots qui sont - comme par miracle - devenus conscients de leur existence. Tous se regroupent dans une petite ville abandonnée, celle où ils ont été conçus. Au départ, un peu perdus, désorientés par ce qui leur arrive, ils finissent par s'organiser, développer de nouvelles compétences ...  Le rire, l'humour, l'amitié, l'amour, la culture, l'enseignement, ... ne sont peut-être pas l'apanage des humains ! A moins que...

No man's land est un récit de science-fiction qui ne laisse pas indifférent. L'auteur transpose le débat inné-acquis dans la sphère de la robotique.  Tout le long du récit, il nous laisse croire au miracle, à la possibilité que des robots puissent s'émanciper de leur programmation initiale pour créer une société parfaite où la discorde n'existe pas.

La chute - que je vous laisse découvrir par vous-même - est d'autant plus dure ! Surtout qu'on s'attache à tous ces petits robots qui se prennent des noms improbables, se questionnent sur la vie, la mort, la trace qu'ils peuvent laisser sur la Terre...  Parmi eux, deux m'ont particulièrement touchée.  Il y a tout d'abord Archie, le narrateur, robot-bibliothécaire, qui se met en tête d'écrire leur histoire.  Plutôt terre à terre, il se fait sans cesse bousculer par son ami Meph, diminutif du célèbre personnage de Faust, Méphistophélès.


"- Au fond, il est là pour éviter que l'humanité ne s'endorme au sein d'une paix trompeuse !  Méphisto oblige à la confrontation !  Bien sûr, je n'adhère pas nécessairement à tous les aspects du personnage... C'est pour ça que j'ai choisi un diminutif." 

Toute cette petite communauté cumule à la fois la candeur et l'enthousiasme des jeunes enfants, l'intelligence cumulée des plus grands génies et un niveau de technologie jamais égalé.  Ce mélange explosif associé à une entraide sans faille leur permet d'évoluer à la vitesse grand V.  Les projets ne manquent pas : une école, la reforestation de leur ville, l'organisation d'une fête culturelle, ... A l'occasion de cette réunion festive, tous ont l'occasion de mettre en avant leurs talents. Archie et ses amis présentent une pièce de théâtre qui remporte un franc succès ; ce qui n'est franchement pas le cas pour le duo musical des jumeaux Calvin et Kelvin, ce qui nous vaut un clin-d’œil sympathique au célèbre "Retour vers le futur" :


" - Bon, a finalement annoncé Kelvin.  Je crois que vous êtes trop néophytes pour apprécier toutes la subtilité des structures rythmiques complexes...  (...)  ... en revanche, vos gosses vont adorer !  a ajouté Calvin."
Peu à peu, tous oublient leurs concepteurs et commencent à vivre pour eux-mêmes...

Cette chronique de la création d'une société nous renvoie en miroir et en accéléré à notre propre évolution.  Comment l'homme est-il devenu un animal pensant ?  Comment s'est-il progressivement détaché de ses besoins primaires pour s'aventurer vers la création artistique ?  vers la réflexion philosophique ?  vers les questionnements existentiels ?  Ce périple est aussi l'occasion de revenir sur nos travers, nos paradoxes qui nous mènent encore et toujours au pire !

Ce qui nous ramène immanquablement au final - nécessaire retour à la réalité mais néanmoins perçu comme une claque monumentale !

En bref, une lecture intelligence qui pose mille et une questions sur notre condition humaine !  A lire  !

Pour aller plus loin :




Avec ce titre, je poursuis le challenge

challenge album
(13/18 pour les 3 %).



8 commentaires:

  1. merci pour cette sympathique critique!
    Nous venons de mettre en ligne le premier thème musical de No man s Land (avec Archi au piano...) sur notre cite lightbulb15.com ainsi qu'une nouvelle illustration

    Loïc le pallec

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. A mon tour de vous remercier pour votre gentil commentaire :-)
      J'ajoute l'info sous mon billet !

      Supprimer
  2. même si c'est un humour de bon goût, entrer le code chiffré ne suffit pas à prouver que je ne suis pas un robot... Éliza ne porte pas son prénom par hasard...

    Loïc

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. certainement pas moi... Mais Meph dit que je me pose trop de questions...

      Loïc

      Supprimer
    2. Ah ! Ce Meph ! S'il n'existait pas, il faudrait l'inventer !
      J'ai finalement rédigé un 2e billet pour présenter le site :-)

      Supprimer

Un petit commentaire, c'est toujours sympa...