mercredi 11 septembre 2013

Giacomo Foscari Livre 1 Mercure



Un vieil homme, Giacomo Foscari, à l'occasion d'un séjour dans la capitale nippone, replonge dans ses souvenirs, ceux où il était professeur d'histoire gréco-romaine à l'université de Tokyo dans les années 60 et ceux plus anciens de son enfance et son adolescence dans la Venise des années 40. Entre les deux, un fil conducteur : sa fascination pour les dieux romains, si proches des humains, en général et pour Mercure en particulier.  Il voit en Shusuke Koga, jeune serveur au café-musique Palma où il va écouter La Callas, la réincarnation de ce dieu romain.  Il a sa beauté énigmatique et lui rappelle furieusement  Andréa, ce garçon qui a marqué sa jeunesse...

Dans ce premier tome, on oscille entre le présent et le passé ; le Japon et l'Italie ; les mouvements d'émancipation de la jeunesse nippone dans les années 60 et la montée du fascisme italien dans les années 40 ; l'histoire de Giacomo et d'Andréa, celle de Shusuke et des relations troubles qu'il entretient avec sa sœur ; la culture japonaise et la culture antique, ...  

Ces multiples éléments, auxquels on doit ajouter des apartés avec ses amis écrivains nous perdent quelque peu. Où l'auteure veut-elle nous emmener ? Simplement à découvrir le passé de son héros marqué par deux cultures qui semblent a priori très éloignées ?  Ou, plutôt,  met-elle en place les pièces du puzzle qui, une fois assemblées, dans les prochains tomes, prendront alors tout leur sens ?  Pour le savoir, il faudra lire le livre 2, prévu pour 2014.

Si, pour l'instant, l'intrigue parait quelque peu décousue et le fond plutôt mélancolique, le style de l'auteure est particulièrement séduisant.  En quelques phrases sobres, elle arrive à créer une ambiance des plus prenante.  J'ai particulièrement apprécié l'histoire d'Andréa, ce jeune garçon pauvre qui ose tout ce que Giacomo, mieux né, n'ose pas.  Celle de Shusuke et de sa sœur, Satoko, est plus noire, plus sordide, et laisse planer encore de nombreuses zones d'ombres. L'idée du stylo qui fait des aller-retour entre les personnages principaux est plutôt intéressante.  Sa disparition vaut d'ailleurs une de mes répliques préférées de ce roman graphique, celle de Tabé, un écrivain ami du héros :
"Ah, les choses matérielles, à moins de se les coudre sur la peau... elles sont faites pour être perdues."

Le dessin est lui aussi très épuré.  Certaines pages (celles de début des chapitres) ont l'air d'être réalisées au fusain.  L'ensemble est d'une beauté quasi poétique, en particulier les pages où la nature est davantage mise en avant.


      

Bref, un premier tome alléchant qui est loin d'avoir livré toutes les clés sur cette série.  


Avec ce titre, je poursuis le



challenge album
(9/12 pour les 2%)

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