jeudi 1 août 2013

Les insoumis


Il y a des livres qu'on lit d'une traite, quitte à y passer une nuit blanche !   Pour qui, une fois la dernière page tournée, on aimerait recommencer....  Les insoumis est de ceux-là. 
 
Alors, me direz-vous, pourquoi ne pas l'avoir lu plus tôt ?  Tout simplement parce que ce n'était pas le moment !  Or, avant-avant-hier soir, toutes les conditions étaient réunies...  Une chaude soirée d'été, des nuages noirs et menaçants qui se profilent à l'horizon, des éclairs qui fusent, le tonnerre qui gronde, une maison silencieuse (plus de télé, plus d'ordi, un mari qui doit se lever très tôt et tente de dormir du sommeil du juste, des filles quelque peu désœuvrées qui désertent le salon et se plongent elles aussi dans les lectures)...  Bref, des heures et des heures de tranquillité à l'horizon =D
 
De plus, l'ambiance apocalyptique qui règne à l'extérieur colle parfaitement à l'histoire.
 
Dans un futur proche, une virus s'attaque aux ados des USA.  Si la plupart en meurent, les autres développent des pouvoirs psychiques qui font peur.  Officiellement pour les réhabiliter, le gouvernement enferme les survivants dans des camps où ils sont classés par couleurs en fonction de leur dangerosité. Le jour de ses dix ans, Ruby s'efface involontairement de la mémoire de ses parents.  C'est donc une "orange", la 2e catégorie la plus crainte.  Pourtant, lors du tri, à son arrivée au camp de Thurmond, elle arrive à se faire passer pour une "verte" et tente de se faire oublier...  Après six années passées au camp, elle est extradée par La ligue des enfants.  Mais les intentions de ses membres ne semblent guère plus louables !  Seule Orange ou presque encore en vie, elle pourrait les aider à combattre la dictature en place.  Commence alors pour Ruby, et trois jeunes qu'elle rencontre en chemin,  une cavale à travers le pays dévasté... à la recherche de la terre promise, East River, le seul endroit où ils pourraient être enfin en sécurité...  

Ce qui interpelle directement avec ce titre, c'est cette ambiance particulièrement  dure dans laquelle sont plongés ces jeunes considérés comme des monstres.  On n'est vraiment pas loin des mesures d'épuration et des sinistres camps nazis.  Ici aussi la peur est érigée en régime.  Sous couvert de protéger la société, un homme détient tous les pouvoirs et manipule l'opinion.  Les parents sont ainsi persuadés qu'ils confient leurs enfants aux autorités pour leur bien et que celles-ci mettent tout en œuvre pour les sauver.  Or, l'envers du tableau est bien plus sordide : expérimentations, éliminations, manipulations, récupérations sont au rendez-vous.

Tous ces éléments, on les apprend par bribes.  L'auteure laisse planer (volontairement) beaucoup de sous-entendus et les informations s'imbriquent peu à peu  au fil des confidences quasi arrachées des protagonistes.  Cette façon de procéder pourrait déplaire à certains.  Pourtant, je trouve qu'elle colle parfaitement à la situation et illustre bien le syndrome post-traumatique dont sont victimes ces ados.

Le cas de Ruby est à ce titre exemplaire.  Arrachée à sa famille toute jeune, rongée par le remord, terrorisée par le comportement psychotique des autres oranges, elle se considère comme un monstre pouvant mettre en danger ceux qu'elle aime.  Dans l'aventure, elle n'aura de cesse d'apprendre à maitriser ses pouvoirs afin que, plus jamais, cela ne se reproduise.  En attendant, elle refuse obstinément tout contact avec autrui.  Si le sort de l'héroïne reste central, très vite cependant, c'est au groupe qu'on s'attache.  Elle et ses amis, Liam, Chubs et Suzume (deux garçons "bleus" capables de mouvoir les objets, une fille "jaune" qui dialogue avec les machines) forment un quatuor improbable qui, au fil des épreuves, va tisser des liens d'amitié indéfectibles.  Ces relations humaines contrebalancent, avec bonheur, la noirceur qui les entoure. 

Quant aux péripéties, elles s'enchainent à un rythme effréné.  Nos héros ont très peu de temps morts, ce qui explique que leurs moments de confidences sont rares mais précieux.  Surtout qu'à chaque fois qu'ils pensent être à l'abri, la situation se dégrade de plus belle et ce, jusqu'au final où l'auteure nous propose un retour à l'équilibre qui en surprendra plus d'un !  Une fin qui préfigure un second volet peut-être encore plus sombre...  

Bref, Les insoumis possède tous les ingrédients d'une série prometteuse (deux autres titres sont en préparation) : une intrigue passionnante, des personnages attachants, de l'amitié, une pointe de romance...  et un style pour le moins choc !

Cerise sur le gâteau pour les musicos, l'histoire est ponctuée de références musicales qui déménagent : Pink Floyd, Les Doors, Elton John, Bob Dylan, The Animals, etc.   

Merci à Bouma - Un petit bout de Bib (son billet ici) et aux éditions de La Martinière Fiction pour cette belle découverte.   

3 commentaires:

  1. Un titre à retenir apparemment.
    Bonne fin de semaine. Les jours filent comme l'éclair!

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    1. Oui, en particulier pour tous ceux qui aiment le genre "dystopie"...
      Bonne fin de semaine à toi aussi. Profitons, profitons car tu as raison, ça passe trop viiiiiiiite ;-)

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  2. J'ai hâte de lire la suite^^ car le final est juste grrrrr :)

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