vendredi 16 août 2013

L'enfant qui parlait aux animaux



Après une nouveauté aux accents belges pas encore sortie hier - Tous contes faits d'Odette Philippart, retour aujourd'hui aux fondamentaux et au style british avec ces trois nouvelles bien plus anciennes de Roald Dahl. 

De ces trois histoires, une seule met un jeu un enfant.   C'est bien évidemment celle qui a donné son titre au recueil. Les deux autres n'incriminent que des adultes, ce qui surprend un peu dans un livre pour la jeunesse. 

Le narrateur - qui pourrait être l'auteur lui-même puisqu'il se présente comme écrivain dans deux des textes - est tour à tour témoin ou partie prenante des évènements qu'il raconte.

Dans le premier texte, L'enfant qui parlait aux animaux, il est en vacances en Jamaïque.  Alors qu'il sirote un verre et lit un livre sur sa terrasse, il est attiré par un remue-ménage sur la plage.  Des pêcheurs ont capturé une gigantesque tortue qui git, les pattes en l'air, sur le dos.  Les vacanciers accourent et se mettent ensemble pour tracter le vénérable animal jusqu'aux cuisines de l'hôtel.  Quand un cri d'enfant les arrête net !

Dans le second, L'auto-stoppeur, il prend en stop un étrange personnage qui le met au défi de pousser sa nouvelle voiture au maximum.  Ce qui lui vaut bien évidemment d'être arrêté par la police.  Le curieux talent de son passager lui permettra-t-il de passer à travers les mailles du filet ?

Dans le troisième, Le trésor de Mildenhall, il relate l'histoire vraie d'une découverte archéologique d'importance *. 
1942, dans l'est de l'Angleterre.  Alors qu'il charrue un champ pour le compte d'un autre fermier, Gordon Butcher tombe sur une pièce de métal couverte d'une couche verdâtre.  Inquiet, il stoppe tout et court prévenir  son employeur du jour.  Celui-ci ne se sent plus quand ils mettent à jour une trentaine d'objets et qu'il  comprend qu'il a sous les yeux un véritable trésor en argent massif datant de l'époque romaine.  Rusé, il fait croire à Gordon qu'il s'agit de vieux trucs rouillés...


De ces trois récits, seul le premier m'a semblé adapté aux plus jeunes. David, le jeune garçon, affronte Goliath, ici la cruauté des hommes à l'encontre des animaux.  Si l'enfant trouvera la fin incroyable, l'adulte sera, quant à lui, un peu désabusé puisque l'auteur laisse entendre - à raison malheureusement -  que l'homme est irrécupérable et que la nature, pour survivre, doit vivre loin de lui !

Le deuxième - mon préféré - est bien plus flippant qu'il n'y parait au premier abord.  En effet, même si en apparence l'histoire se termine bien, le lecteur adulte trouvera cette relation entre l'automobiliste et l'auto-stoppeur assez malsaine et ne pourra s'empêcher de penser que, tôt ou tard, tout va se retourner contre le narrateur.  A la lecture de ces quelques pages, on ne peut que s'imaginer le thriller qui pourrait  suivre... 

Quant au dernier, il met en lumière un autre des travers de l'homme : sa cupidité.  La morale est en partie sauve puisque le "méchant" est en partie puni et que le "gentil" est en partie récompensé !  Si l'auteur croque à merveille les personnalités des protagonistes, cette histoire ne m'a pourtant pas emballée.  Il y manquait le côté merveilleux de la première ou celui bien plus inquiétant de la seconde !

En conclusion, un avis mi-figue mi raisin pour ce recueil du maitre.  Et ce ne sont pas les quelques illustrations de Morgan qui me rendront plus enthousiaste.  De loin, je préfère celles de Quentin Blake, plus vivantes et bien moins effrayantes.



* Ces découvertes sont conservées au British Museum de Londres.

1 commentaire:

  1. Je ne connais aucun de ces trois récits... J'ai relu aussi récemment des nouvelles de Dahl croustillantes et/ou un peu flippantes...(le recueil Someone like You)
    Sinon, je suis d'accord avec toi : Roald Dahl avec des illustrations autres que celles de Quentin Blake a l'air accoutré d'un costume qui ne lui va pas...

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