jeudi 22 août 2013

L'école de la mort



En voilà une drôle d'idée !  Associer l'école et la mort !  Généralement, chacun de nous en reste à la métaphore : "L'école, c'est la mort !" mais, avec ce recueil, on franchit le pas...  de l'horreur !
 
Chacune des histoires bien documentées plonge littéralement le lecteur dans un lieu et une époque précis.  On passe ainsi de la Préhistoire à l'époque contemporaine en passant par l'Antiquité ; de la France à la Grèce en passant par l'Amérique, la Russie ou l'Egypte...
 
Les histoires évoquent à chaque fois une certaine forme d'enseignement, que ce soit le maitre des pierres qui fait preuve de son habilité devant des gamins ébahis il y a 450 000 ans, ces religieuses qui "tuent l'Indien" à coup de prières et de discipline dans le Dakota en 1928, de ces deux jeunes filles russes qui terminent leur formation de tireur d'élite de l'Armée rouge en pleine seconde guerre mondiale, etc.  Il faut donc prendre ici "l'école" au sens large.
 
Dans chacun de ces cadres historiques,  surgit, sans crier gare, une mort inédite.  Coutumiers de cette collection "courants noirs", les auteurs ne ménagent pas leurs effets : il y a l'enseignante empoisonnée à la ciguë, la religieuse poussée au pire par les fantômes de celles qu'elle a tourmentées, l'amante éconduite qui  se venge dans le choix-même de sa mort,...
 
Ces récits sont loin de nous laisser indifférents.  Peu classiques, ils le sont de par le thème mais aussi de par leur dénouement qui tour à tour surprend, émeut, choque, fait réfléchir...
 
Ainsi, Les demoiselles de Saint-Cyr, sages comme des anges de Béatrice Egémar, surprend par une chute complètement inattendue et quelque peu contraire à la morale.  Mais, c'est bien connu, en matière de vengeance, tous les coups sont permis !  Ainsi pourrait-on également résumer la nouvelle de Charlotte Bousquet, Obsession
 
L'autre texte de cette auteure, Les fantômes de Saint-James, m'a littéralement retourné les tripes.  Si ce titre est de ceux qui marquent, de par son sujet (la maltraitance sous couvert religieux et éducatif) et la suite ouverte laissée par l'auteure, j'en déconseillerais cependant la lecture à de trop jeunes lecteurs.  En effet, certaines descriptions réalistes pourraient, je pense, les choquer.  Il en est de même pour la dernière nouvelle du recueil, Agora Game de Martial Caroff où le personnage principal, Khrémès, un jeune athénien du Ve siècle avant J.-C., m'a furieusement évoqué le cruel jeune Joffrey Baratheon de Game of Thrône.
 
Pour terminer sur une note moins noire, j'évoquerais Tatoo cœur de Lilian Bathelot, à l'issue plus romantique,  qui revient certes sur les fondements de ce qui cause notre perte - le besoin égoïste de posséder à tout prix - mais nous donne aussi l'origine du "tout premier cœur qu'aient jamais dessiné les mains de l'homme pour la femme qu'il aime".   
 
En conclusion, L'école de la mort c'est quatre auteurs de talent, huit nouvelles pleine de suspense et, au final, un recueil qui fera frissonner les lecteurs, élèves ou non. 

Finalement, on en finirait par l'aimer notre école bien pépère !

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