mardi 16 juillet 2013

Rose bonbon, noir goudron


Editions Mijade, 2009
"Bonjour, bonjour !  Lorsque vous vous adressez à l’autre, vous lui parlez de son existence, du fait qu’il est important pour vous et que vous tenez compte de sa présence sur terre. Sans bonjour, sans accueil, celui qui vous fait face n’existe pas.  L’enfer, c’est la non-présence, l’indifférence."

Les paroles du psychologue Robert Littré sont autant de coups de poing pour Mélanie, quinze ans, qui ne connait que l’indifférence.  Chez elle, le mot « bonjour » n’existe pas.  Et ce n’est pas le seul !  Elle n’a ainsi plus entendu « Bon anniversaire » depuis ses huit ans.  A force, elle a fini par se croire vaccinée contre le bonheur !  Cette conférence à laquelle elle assiste avec l’école pourrait bien bouleverser toutes ses certitudes et lui prouver qu’elle EXISTE et mérite, comme tout un chacun, de recevoir comme de donner…

Suite de mon parcours dans l'univers de Frank Andriat...  Voici encore un titre empli d’espoir qui nous rappelle combien l’amour est aussi important pour vivre que l’air que nous respirons.  Celui-ci commence par tous ces petits mots magiques, qu’à tort, on prononce sans trop y penser voire qu’on zappe carrément.  Alors qu’un simple « Bon jour » sincère peut illuminer la journée de celui qui le reçoit !

Dans le cas de l’héroïne, il faudra bien évidemment bien plus pour combler ce manque d’affection dont elle souffre depuis l’enfance qu’un simple geste d’accueil.  Pour lui permettre d’évoluer et de passer du « noir goudron » au « rose bonbon », il lui faudra l’oreille attentive et bienveillante d’un adulte qui fait preuve d’une réelle empathie à son égard mais aussi un premier amour sincère qui vous ouvre les ailes.

Ce récit coup de poing retrace son parcours.  Grâce à deux rencontres-clés, sa vie change du tout au tout.  L’une et l’autre vont lui donner la force d’être enfin actrice de sa vie, d’oser l’amour et l’ouverture aux autres plutôt que la haine et le repli sur soi.

Robert Littré avait raison ; plutôt que de m’acharner sur un passé que je ne maîtriserais jamais, mieux valait me consacrer à construire un présent heureux. 

Cette propension à rendre ses personnages heureux, on la retrouve dans de nombreux titres jeunesse de Frank Andriat.  D’ailleurs, lui-même, ne se cacherait-il pas derrière l’un de ses personnages récurrents, celui du bien nommé Monsieur Bonheur, un brave professeur de français ?  Dans ce texte, il fait également une brève apparition où il se montre digne de sa réputation de prof à l’écoute de ses élèves.

Par ce récit, l’auteur partage non seulement sa vision optimiste de la vie mais nous prouve une fois de plus qu’il connait bien son sujet : l’adolescence.  Qu’il dépeigne les tourments de cette jeune fille malmenée par la vie ou l’éveil de son premier amour, tout sonne particulièrement juste.  L’adolescent s’y retrouvera donc sans aucune difficulté et y puisera plus d’un enseignement !

1 commentaire:

  1. Il n'y a pas longtemps que j'ai lu celui-ci. J'ai vraiment bien aimé...

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