jeudi 4 avril 2013

Ma rencontre avec Violet Park

 
Jenny Valentine, Ma rencontre avec Violet Park, Médium, l'école des loisirs 2010

Après avoir découvert cette auteure anglaise avec l'excellent La Fourmilière, il me tardait de retrouver sa plume généreuse...  C'est chose faite avec ce titre !
 
Lucas Swain, le héros, ado de presque 16 ans qui digère très mal le fait que son père se soit volatilisé cinq années plus tôt, découvre, sur une étagère d'une compagnie de taxis, l'urne funéraire abandonnée d'une vieille dame : Violet Park.  Sans qu'il puisse se l'expliquer, il a l'impression de communiquer avec elle... 
 
Si Ma rencontre avec Violet Park fleurte un brin avec le paranormal, du moins en son point de départ, l'histoire se transforme très rapidement en une quasi enquête policière dans laquelle le lecteur est lui aussi happé : qui est cette femme ?  Pourquoi se sent-il attiré par elle ?  Pourquoi tout le ramène irrémédiablement à elle ?  Qui l'a abandonnée à l'arrière d'un taxi ?  et pourquoi ?  De fil en aiguille, Lucas découvre que cette rencontre n'est pas vraiment due au hasard et que Violet peut peut-être être la clé du mystère entourant la disparition de son père. 
 
Le pire, c'est de ne pas savoir !  C'est vrai pour notre héros comme pour le lecteur.  On suit donc avec intérêt le déroulement de ses investigations.  Entre ses doutes existentiels, ses questionnements quant au devenir de son père, ses rapprochements avec les membres de sa famille (en particulier avec sa grand-mère), l'ébauche de son premier amour, Lucas murit...  Car, au-delà de cette rencontre mystérieuse avec les restes d'une vieille dame et de l'enquête qui en découle, on assiste à l'évolution d'un ado confronté, comme beaucoup, à des non-dits familiaux, à des blessures intimes à vif...  Il devra s'en affranchir pour pouvoir prendre son envol...
 
"C'est ce qui arrive quand on grandit, apparemment, on affronte des choses qu'on préférerait éviter, et on accepte le fait que les gens ne sont pas, et de loin, tels qu'on se les était imaginés."
 
Un dernier mot quant au style de l'auteure.  Avec Lucas, Jenny Valentine réussit à créer une voix narrative particulièrement crédible.  On ne s'ennuie pas une seule seconde en compagnie de son héros.  Même lorsqu'il, en apparence, saute du coq à l'âne et nous parle de tout et de rien (avec par exemple  sa manie de dresser des listes), tout concourt à dresser le portrait fouillé et attachant d'un ado en quête de son identité.  Les personnages secondaires sont eux aussi croqués avec beaucoup de justesse : la soeur ainée à la dérive, la mère débordée qui peine à recoller les morceaux épars de sa vie, le grand-père sénile qui est bien plus lucide qu'il n'y parait, etc.
 
Même si ce titre m'a vraiment plu, quelques éléments m'empêchent d'aller jusqu'au coup de coeur.  Ma rencontre avec Violet Park est un roman qui aborde le nécessaire deuil de l'enfance avec beaucoup de sensibilité, d'humour et d'originalité mais je n'y ai pas retrouvé la solidarité qui m'avait transportée dans La Fourmilière.  Ici, chaque membre de la famille se dépatouille seul face à la douleur qui l'assaille.  Violet joue le liant mais de manière peut-être un peu trop discrète (pas facile, faut bien l'avouer, quand on est réduit à l'état de cendres  et la comparaison avec la mamy déjantée de La Fourmilière est plutôt rude).   Ajoutons enfin, de-ci, de-là, quelques  traductions littérales qui m'ont semblé un peu bancales et m'ont un peu gênée par moments !
  

Pour aller plus loin :
 

1 commentaire:

  1. Tu me donnes vraiment envie de le lire...va falloir que je m'y mette !

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