mardi 12 mars 2013

My name is Bob... Bob Tarlouze !

 
 
Fiche d'identité :
 
- prénom : Bob
- nom : Tarlouze (en cause, l'erreur d'un employé communal belge !!!!  qui a confondu un F avec un T)
- âge : 15 ans au moment des faits (33 au moment de leur narration)
- signes distinctifs : aime porter du rose (en hommage à la célèbre panthère rose), sens poussé de l'autodérision (plus que nécessaire quand on porte un tel patronyme), petit génie pour résoudre des enquêtes criminelles inextricables...
- famille : un père prénommé Fernand qui se fait appeler Johnny et qui a bien du mal à comprendre et à accepter un fils tel que Bob; une mère qui le couve un peu trop
- ami : Mohamed, son ami d'enfance qui lui a ouvert les yeux sur son nom de famille
- aime: les jeux de mots un peu foireux ; sa nounou Najmah qui a su très rapidement déceler quel enfant extraordinaire il était ; le boudin, compote, purée (ça ne s'invente pas)
- mission : élucider le meurtre de son professeur d'anglais, monsieur Baratin, et ce malgré l'aversion réciproque qu'ils se portaient !
 
Frank Andriat (de son vrai nom Frank Goetghebeur - prendrait-il sa revanche avec ce héros au nom difficile à porter ?!) fait fort avec ce titre un peu provoc !  Kesako, demanderont certains, un peu interloqués ?  Auxquels, il faudra répondre : la preuve en 155 pages qu'on ne doit pas juger un livre à sa couverture, une personne à son nom et/ou son apparence extérieure !
 
Notre héros conclut lui-même :
"Chaque fois que je résous une affaire, je dédie mon succès à ces méprisés de la Terre auxquels on tourne le dos sans imaginer qu'ils ont des qualités et du bonheur à revendre."
 
Des qualités et du bonheur à revendre, ce n'est pas ça qui manque dans ce premier tome des aventures de Bob Tarlouze.
 
Bien sûr, qui dit premier tome, dit mise en place.  Le début de cette histoire est consacré à la présentation de Bob et aux misères que lui valent son nom de famille et son apparence originale.  Certains apprennent brutalement à six ans que Saint-Nicolas ou le Père Noël n'existent pas.  Bob, lui, c'est la signification de son nom de famille qui lui éclate en pleine face.  Mais loin de s'en formaliser, il en fait une force.  En effet, quel meilleur camouflage pour avancer incognito dans les enquêtes policières.  Pensez par exemple au look improbable de Columbo ! 
 
Cette introduction est également l'occasion, sans y avoir l'air, d'évoquer les relations parfois conflictuelles qui peuvent exister entre un père et un fils pas vraiment à son image !  Même si notre héros prend tout avec beaucoup d'humour, ses mots cachent, à mon sens, une douleur jamais guérie.
 
"Je crois qu'il m'aimerait mieux si j'étais un ballon." 
 
Bien sûr, les choses ne sont pas si évidentes.  Et, derrière ces remarques acides, se cache aussi un père qui n'arrive pas à communiquer avec son fils.  Bob a une force de caractère  telle qu'elle lui permet de surmonter là aussi les obstacles mais on ne peut que penser à tous ces jeunes qui vivent au quotidien ces petites phrases assassines (quand ce n'est pas pire) et qui finissent par se persuader qu'ils ne valent rien...
 
Ici, le narrateur, adulte, fait un retour un arrière.  Ce coup d'oeil rétrospectif lui permet de faire la part des choses et d'appréhender sous un autre angle les réactions de l'ado.  J'ai trouvé cette double lecture assez intéressante et les réflexions sur l'adolescence plutôt pertinentes.
 
"L'adolescence, c'est ça : faire des conneries, mais refuser de perdre la face en reconnaissant qu'on les a commises.  Parce que la face, il faut s'en créer une !"
 
Autre point où l'auteur n'y va pas avec le dos de la cuiller, c'est lorsqu'il dresse le portrait vitriolé de certains professeurs.  Il faut dire qu'il est lui-même enseignant et qu'il a tout le loisir d'étudier de près cette espèce à part (je m'inclus dedans, bien sûr ;-)).  L'ado a d'ailleurs un regard dur à notre encontre :
"Comment ces profs que nous imaginions adultes et vaccinés pouvaient-ils se comporter comme des gosses se disputant un ballon dans la cour de récré ?"
 
Pris individuellement, certains sont plutôt flippants.  Il y a monsieur Baratin, le cadavre idéal. Mais il y a aussi monsieur Zorb, le prof de math, qui pourrait tout droit sortir d'un film de Dracula. 
 
Une fois cette longue présentation achevée, place à l'enquête !  Si celle-ci m'a plu, je l'ai cependant trouvée moins élaborée que dans d'autres titres que l'auteur a écrit avec André-Paul Duchâteau, comme Manipulations notamment.  Il s'agit de la 1ère vraie enquête de notre détective en herbe et il aura besoin de coups de pouce pour la résoudre.  Toutefois, on sent déjà les prémices de l'enquêteur qu'il va devenir.  Sa méthode est bien plus dans l'observation et la déduction que dans l'action !  On se rapproche donc davantage d'un Dupin d'Edgar Allan Poe ou d'un Columbo que des experts ou même d'un James Bond !  Ce qui n'est pas pour me déplaire ! 
 
Trêve de baratin !  En conclusion, ne vous fiez pas aux apparences et laissez-vous séduire par ce héros qui "ne sera jamais celui qu'on croit"...  et découvrez qui a tué le professeur Baratin dans sa salle de classe avec un cran d'arrêt !
 
Pour aller plus loin :



  • le site de l'auteur
  • le site de l'éditeur
  • d'autres titres de Frank Andriat chroniqués sur Qu'importe le flacon... :

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