vendredi 11 janvier 2013

Un rêve ensorcelé


Auteure : Anne Beaugrand
Illustratrice : Myl Roqui
Editions Les 2 Encres, 2012
"Tout le monde fait des rêves.  Mais les rêves sont bizarres : on ne sait jamais à quoi s'attendre avec eux.
Le plus souvent, ils ne veulent rien dire, et on les oublie en se réveillant.  Mais parfois, ils se mettent à raconter toute une histoire et semblent tellement vrais que, une fois réveillé, on se demande si on n'a pas vraiment vécu tout cela..."
L'histoire :
 
Lisa et Léo sont jumeaux et sont sur le point de fêter leur huitième anniversaire.  Le jour J, Lisa se réveille bien trop tôt et, pour ne pas réveiller ses parents, se faufile dans le lit de son frère.  Malgré sa fébrilité, contre toute attente, elle finit par se rendormir et se met à rêver...  Un rêve qui a plutôt des allures de cauchemar !   
 
Mon avis :
 
Cet exercice est une grande première pour moi.  Plus habituée à donner un avis sur des titres pour les plus grands, je suis plutôt perplexe quand il s'agit de critiquer un titre pour de jeunes lecteurs.  Ce qui suit est donc très subjectif (encore bien plus que d'habitude) puisque je connais mal ce qui plait ou non aux lecteurs de 7-8 ans.
 
Lorsque j'ai lu la présentation de cet ouvrage, ce qui m'a attirée c'est l'incursion dans le monde fantastique.  Je me suis demandé comment ce genre pouvait être abordé chez les plus jeunes.  Sur ce point, je n'ai pas été déçue.  L'auteur utilise la médiation du rêve pour confronter son héroïne aux phénomènes fantastiques.  Toutefois, comme dans tout bon récit du genre, de retour à la normale, le personnage garde une trace de son expérience, histoire de se demander s'il s'agissait oui on non d'un rêve.  Le lecteur arrive lui-même à douter.  A ce niveau, le récit est une réussite.
 
Pour ce qui est du fond même de l'histoire, le récit joue sur une peur fondamentale qui nous habite tous enfant: celle d'être enlevé et séparé de nos proches.  (Comme ce récit se focalise sur le point de vue de l'enfant, l'angoisse inévitable des parents est certes évoquée mais secondaire ici.)  Bien évidemment, tout est bien qui finit bien mais ce récit ne risque-t-il pas d'effrayer les plus sensibles ?  Ils en voient d'autres me direz-vous !  Et peut-être que, comme nous, ils aiment jouer à se faire peur ?  Ces ingrédients se retrouvent d'ailleurs dans de nombreux contes.  Ce qui me chiffonne un peu, c'est qu'ici les enfants n'ont pas franchi d'interdit et qu'il n'y a donc pas vraiment de morale à tirer du genre : "Il ne faut pas se fier aux inconnus".  Par contre, les valeurs de courage et d'entraide sont particulièrement mises en avant.
 
Côté personnages, c'est celui de Lisa qui tient la vedette.  Pourtant, c'est celui de Léo qui m'a fait fondre.  Sensible et discret, le petit garçon va avoir finalement le plus grand rôle : celui de les sauver tous.  Celui du docteur Croc, cet amoureux qui a du chien, était également bien sympathique.  Virula, la méchante de l'histoire est loin de l'être, elle, pourtant sa représentation graphique est je trouve malgré tout un peu trop caricaturale. 

En parlant des illustrations, je les ai trouvées un peu inégales. Certaines m'ont vraiment plu, d'autres moins...

Pour ce qui est du style pour finir, au-delà de l'emploi systématique du présent de narration dont je ne suis pas cliente, il manquait parfois un peu de liant pour que la sauce prenne... et que la magie opère d'un bout à l'autre, comme dans ce passage que j'ai particulièrement apprécié:
"Pendant ce temps, Léo s'est réveillé de sa nuit passée dans la manche du pull bleu, dans lequel il a bien dormi.  Il sent bon ce pull.  Il sent les enfants qui jouent, le chocolat, la douceur d'une maman, la chaleur d'un papa."
 
Maintenant, c'est aux jeunes lecteurs à juger... 

 Pour aller plus loin:
 
 

1 commentaire:

Un petit commentaire, c'est toujours sympa...