jeudi 1 novembre 2012

La petite marchande de rêves


L'histoire:

"Quelle idée de naitre un 2 novembre ! Pile le jour où on fête les disparus !" se dit Malo, le jour de ses onze ans.  Et il ne croit pas si bien dire.  Le taxi qui l'emmène à l'auberge des Trois Brigands a un accident et tombe dans la Seine.  Malo disparait...  et se retrouve au Royaume des Ombres ! Lui qui était persuadé qu'un anniversaire organisé par une agence de loisirs ne laissait aucune place à la fantaisie, le voilà servi !  
 
Mon avis:

Voilà plus de deux jours que je planche sur ce billet, que je tourne et retourne les mots dans ma tête sans oser les mettre par écrit... Bon sang, qu'il est difficile de critiquer un auteur qu'on adore par ailleurs !  J'avais placé énormément d'espoir en ce titre et, au final, malheureusement, je suis quelque peu déçue ou, plutôt, je reste sur ma faim... 

Pourtant, cela démarrait plutôt bien.  Dans sa dédicace, l'auteur explique que ce titre lui a été inspiré d'un rêve relaté par sa fille.  Cette démarche était à la fois originale et émouvante et j'avais hâte de retrouver la plume colorée de Maxence Fermine, celle qui m'a enchantée dans des titres comme Neige, L'Apiculteur, Opium, Noces de sel, Le tombeau d'étoiles, etc. 

Mais cela n'a pas été entièrement le cas.  Et pour cause, l'univers dans lequel est projeté Malo est un décor de conte en noir et blanc.  L'auteur ne peut donc y faire autant étalage de son génie en matière de descriptions!  Heureusement, toutefois, dans ce monde de brume où se cotoient des ombres de passage et des spectres, Lili, la petite marchande de rêves, magistralement illustrée en 1ère de couverture, rompt agréablement cette monotonie de couleurs. 

Côté intrigue, j'ai trouvé une certaine filiation avec Alice au Pays des Merveilles et Le Petit Prince, ce qui m'a bien plu.  Le héros a un don rare: il est capable de rêver !  Ce qui n'est plus le cas de ses parents qui ont oublié depuis longtemps le pouvoir de l'imaginaire.  Dans ce rêve fantasmagorique, Malo va de rencontre en rencontre: des arbres qui parlent, un chat fumeur, un peintre qui porte un nom prédestiné, Otto Portret, etc.  De cette galerie de personnages, plus improbables les uns que les autres, j'en retiendrais trois qui m'ont davantage charmée.  Il y a tout d'abord Arthur, le chêne tricentenaire, enrhumé et plein de sagesse; ensuite, il y a le magicien Septimus et son langage incompréhensible et, enfin, Barnabé, le clochard céleste qui se révèle plein de ressource ! Mais, de manière générale, ces échanges m'ont semblé trop courts  et j'aurais aimé en avoir plus, histoire d'avoir l'occasion de m'attacher davantage aux personnages...


"Ce qui compte, c'est ce que tu vas y apprendre et que tu pourras utiliser plus tard dans la vraie vie." 

Voilà une quête initiatique plutôt emballante me direz-vous. Et je suis bien d'accord.  Pourtant, deux points me chiffonnent.  Premièrement, pour sortir du Royaume des  Ombres et ne pas être transformé en spectre, Malo doit récolter 12 brouzons (ou argent local).  Même si cette contrainte amène le héros à se pencher sur ce qui fait la vraie richesse des êtres, cette référence constante à l'argent m'a un peu perturbée. Deuxièment,  cette quête, motivée au départ par un manque affectif du héros, n'a pas totalement le dénouement escompté.  Au début de l'histoire, Malo s'ennuie quelque peu dans sa vie et ses parents se préoccupent avant tout de leur personne.  On aurait pu croire que cette aventure allait améliorer les choses mais ce n'est pas vraiment le cas !

Dernier point: les illustrations.  Pour info, celles-ci sont issues d'un concours mis sur pied par les éditions Michel Lafon.  Les illlustrateurs avaient pour tâche d'envoyer un dessin en noir et blanc en se basant uniquement sur le résumé fourni par l'éditeur.  Le résultat : des illustrations toutes plus belles les unes que les autres même si l'ensemble peut paraitre un peu hétéroclite et qu'une petite touche de couleur, par-ci, par-là, aurait été agréable.

En conclusion, une petite déception, certes mais qui ne m'empêchera pas de lire et relire du Maxence Fermine !

Maintenant, à vous de vous faire votre propre opinion !
 
 
 

2 commentaires:

  1. complètement d'accord avec ton analyse. J'ai perçu la même chose.

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    1. Oh ! Tu me rassures. Jamais gai de rédiger un billet plus mitigé. Je lis aussi d'autres avis plus positifs... Peut-être sommes-nous simplement passées à côté :'( On verra ce que les autres en pensent !

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