mercredi 3 octobre 2012

L'enfer au collège



Un billet-express pour une fois puisque j'aurai très bientôt l'occasion, avec d'autres, de vous en reparler...  Mais chut!  C'est une surprise! 
 
En attendant, voici, en quelques points ce que j'ai aimé et moins aimé dans ce récit qui parle, vous vous en doutez, des brimades et du harcèlement à l'école.
 
J'ai aimé...
  1. Le sujet.  Une thématique qui me touche personnellement, en tant que maman et enseignante, et qui peut également faire remonter quelques relents nauséabonds de l'enfance.
  2. Le découpage particulier du récit.  L'auteur alterne les chapitres qui portent simplement le prénom des deux protagonistes.  Il nous fait entrer ainsi dans la tête de la victime comme du bourreau et met en lumière tout le mécanisme pervers du harcèlement. 
  3. L'intervention d'une tierce personne qui amène progressivement le harceleur à prendre conscience de la gravité de ses actes et à en assumer les conséquences.
  4. Le mot de la fin de l'auteur qui nous explique les raisons qui l'ont amené à écrire ce roman.
  5. Le retour à la réalité avec la publication du témoignage poignant de la  maman d'une jeune victime.
J'ai moins aimé...
  1. La conclusion un peu trop "happy end"...  Je doute que les choses soient aussi simple dans la réalité.
  2. Le fait que durant toute l'histoire les adultes restent sourds aux appels de l'enfant brimé.  Il faut qu'un vrai drame se produise pour que la machine se mette enfin en route...  
En conclusion, c'est cette inaction des adultes qui m'a profondément interpellée.  J'ose encore croire que nous sommes capables de détecter les situations qui dérapent, que nous sommes assez ouverts pour recueillir les plaintes des élèves et agir en conséquence...

La prévention reste le meilleur remède en matière de brimades. 

Dans notre pays, depuis quelques années, les élèves du 1er degré (12-14 ans) ont d'ailleurs dans leur programme un cours de CPA (Clés pour l'adolescence) où, par une approche ludique, ils sont amenés à prendre de l'assurance, faire des choix, s'opposer à la pression collective, dialoguer et écouter les autres...
 
Ce petit texte pourrait constituer également un bon point de départ pour engager le débat avec nos jeunes.  Il en est un autre qui m'avait profondément touchée il y a quelques années (2001).  Il s'agit de

 
qui se déroule dans un collège anglais.  Ici, les brimades n'impliquent pas que le persécuteur et sa victime mais un groupe d'élèves.  Ce qui est souvent le cas.

Et vous, avez-vous déjà été confronté au problème?  Connaissez-vous d'autres titres qui traitent de ce sujet délicat?

Pour poursuivre la réflexion sur le sujet, découvrez notre lecture commune sur le blog collectif A l'ombre du grand arbre !

7 commentaires:

  1. oui, j'ai déjà été confrontée au problème et c'est très difficile en tant que parents car on se sent bien démuni face à la détresse de son enfant. Encore faut-il qu'il en parle et qu'il sache vers qui se tourner !
    Il y a aussi "Harcèlement" de Guy Jimenes chez Oskar jeunesse et "Le silence de Nélio" de Christine Palluy chez Alice jeunesse (sur le racket).

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    1. Un grand merci à Céline pour son analyse critique de cet « Enfer au collège ». Je veux juste ajouter un mot à propos de la fin. Effectivement, elle est très happy end. C'est vrai que dans le réel, ça ne se terminerait sûrement pas aussi positivement, mais il s'agit là d'une fiction, pas d'un documentaire. J'ai voulu que ce court roman (peut-être la fin eût-elle été plus "crédible" si j'avais donné plus de temps à l'intrigue) se termine sur une note d’espoir, parce que tel est mon caractère. C'est vraiment l'affirmation d'une volonté , un choix d'auteur, ni mauvais ni bon, crois... personnel. Que les histoires terribles comme celle-là se terminent sur une note d'espoir. Et puis au fond, me suis-je dis, pourquoi pas ? Quant à l'absence des adultes, je pense que ce n'est pas si évident pour eux de déceler la dérive "dramatique" parmi les simples événements fâcheux et sans lendemain qui émaillent la vie des enfants. Certes, il y a les signes, mais pas si simples à interpréter. Le témoignage de Mme Plan à la fin de l'ouvrage est à cet égard édifiant. C'est d'ailleurs pourquoi il est si saisissant et interpelle tout adulte confronté à ce type de processus dramatique. Le débat est lancé et important je crois. Merci encore. Arthur Ténor.

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    2. Merci monsieur Ténor de prendre le temps de nous donner votre éclairage d'auteur! Je comprends tout à fait votre point de vue et je respecte bien évidemment votre liberté d'écrivain. De mon côté, j'ai réagi en tant que lectrice, maman et prof... Le "j'ai moins aimé" ne reflète que mon ressenti sur un thème délicat. Même si cette histoire est une fiction, elle reste très proche de la réalité qui l'a inspirée et on ne peut que s'y projeter avec son vécu et sa sensibilité. Je suis moi aussi d'un naturel optimiste. C'est pour cette raison que cette absence de réaction appropriée des adultes m'a heurtée et en particulier lorsqu'il s'agissait d'enseignants, davantage confrontés dans leurs pratiques à ce genre de problème. J'espère qu'au grand jamais je ne passerai (ou ne suis passée) à côté de la souffrance d'un de mes élèves même si "écouter" ne suffit pas toujours, malheureusement! Quant à la fin, je comprends votre choix... Toutefois, lorsque j'ai demandé à mes élèves d'imaginer ce qui allait se passer, ils m'ont répondu d'une seule voix:
      "C'est un livre pour les jeunes, alors ça ne peut pas mal se finir!"
      Il y a peut-être là aussi matière à réflexion: nos jeunes demandent parfois à être surpris, bousculés dans leurs certitudes...
      Le débat est ouvert :-)
      P.S.: Nous préparons une lecture commune sur le blog "A l'ombre du grand arbre". Accepteriez-vous également d'y réagir?

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    3. C'est vrai qu'on associe souvent lecture enfants à la certitude d'une fin qui se termine bien. J'assume,. Sans doute parce que je suis de l'ancienne génération où l'avenir était moins grave, moins sérieux, moins noir. Je suis par exemple frappé de voir que les grands succès actuels de nos ados, sont les dystopies (mondes apocalyptiques où au bout du tunnel il y a... l'abîme. Arthur Ténor

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    4. Pour participer aux débats intéressants, je suis comme les scouts... toujours prêt ! off course. A. T.

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  2. La copine de mon fils (professeur de latin qui a quelques heures de français) recherche un livre pour des 1ères secondaires dont l'histoire se passe à l'école. Je peux donc lui conseiller "Un élève de trop"?
    Bon weekend.

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    1. Si elle recherche un titre sur la violence à l'école et ses ultimes connséquences, oui! Même si "Enfer au collège" me semble alors plus abordable pour des 1ères.
      Sinon, il y a bien d'autres titres qui ont l'école pour cadre... Tout dépend de ce qu'elle cherche exactement!

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