mercredi 24 octobre 2012

Il faut sauver Saïd

L'histoire:
 
"Quand le collège est vide, je pourrais presque l'aimer."
 
Saïd aimait l'école mais depuis qu'il est au collège, les choses ont bien changé !  Trop d'élèves, trop de bruit...  Et puis il y a la bande à Tarek, celle qui terrorise tout le monde, qui entraine son frère ainé dans les embrouilles.
Et puis, surtout, personne ne sait ce qu'il vit lorsqu'il n'est plus entre "les murs en carton" de l'école.  Saïd voudrait s'en sortir...
 
Mon avis:
 
Ce court récit de Brigitte Smadja est une vraie claque.  Voilà quelques années que je ne l'avais plus proposé comme lecture.  Pourtant, d'année en année, la violence des uns et la résignation des autres s'invitent de plus en plus dans les classes.  J'ai donc eu envie de reprendre ce titre avec mes élèves et de tenter de répondre à leur sempiternelle question: pourquoi apprendre ? 
 
Cette lecture suscite d'ailleurs de nombreuses questions !  Sur la violence bien sûr, mais surtout sur le DROIT à l'éducation.  Saïd veut s'en sortir mais le système l'en empêche!  Il ne peut alors compter que sur lui-même et sur quelques personnes de bonne volonté... 

Saïd, cet enfant qui essaie de toutes ses forces de garder la tête hors de l'eau, qui a soif d'apprendre et de découvrir le monde, c'est un peu l'auteure ! Avec ce personnage, c'est de ses expériences d'élève et de prof dans ces collèges dits "difficiles" qu'elle parle. 
 
Saïd vit dans les tours des cités...  Il y a son monde et celui d'Antoine, son meilleur ami.  Entre les deux, un gouffre qu'il ne peut franchir.  Et, depuis qu'il est entré au collège, la fureur et le bruit sont partout, à la maison, dans la rue, à l'école !  L'enfant se sent démuni et décide d'écrire: 
 
"J'ai plusieurs vies: une, à la maison, où je m'occupe de construire un château fort avec Mounir, une où je lutte pour travailler dans le bruit infernal du collège, une où j'ai tellement peur que je suis anesthésié."

Ce biais lui permet de se maintenir à flots. Il cherche à comprendre ce qui l'entoure d'où son recours aux définitions du dictionnaire.  Nommer les choses, c'est prendre un ascendant sur elles.   Pourtant, au fil du récit, l'espoir s'amenuise.  Comment se sortir de cet engrenage qui petit à petit étouffe son horizon?

"Je n'écris presque plus.  J'ai de moins en moins de mots, j'ai la tête vide."
 
Comme on aimerait pouvoir le sauver cet enfant (et au-delà, tous les enfants qu'on nous confie et qui vivent des situations pas faciles à la maison, voire même à l'école) !  Et on ne peut s'empêcher de fondre en larmes en lisant le final!  Et si, il suffisait simplement de refuser de baisser les bras !
 
Pour aller plus loin:






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1 commentaire:

  1. Je vais essayer de retenir le titre. Je suis sûr que ce livre me plairait.
    Bon dimanche et bonne semaine (je pars lundi matin jusque vendredi soir).

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