dimanche 9 septembre 2012

La liste de mes envies


L'histoire:
 
Jocelyne aime Jocelyn mais celui-ci le lui rend bien mal.  A 47 ans, ses enfants partis vivre leurs vies, son existence se résume à sa petite mercerie qu'elle maintient tant bien que mal à flots, son père qui lui demande toutes les six minutes qui elle est, son blog Dixdoigtsdor qui remporte un certain succès ainsi que ses voisines délurées du salon Coiff'Esthétique...  Ce n'est pas la vie dont elle rêvait mais elle a fini par l'aimer, profondément.  Aussi, lorsqu'elle gagne le gros lot au Loto, une angoisse sourde l'envahit...
 
Mon avis:
 
Qui n'a jamais rêvé de gagner le gros lot?  Et d'imaginer tout ce qu'il ferait avec l'argent empoché?  Terminer les travaux de la maison; peut-être en racheter une nouvelle, plus belle, plus grande...; un voyage autour du monde; pousser la porte des boutiques dont on ne lèche d'habitude que les vitrines; dire à son patron tout le bien qu'on pense de lui et lui jeter sa lettre de démission à la figure...  Encore faut-il jouer!  Il suffit d'une fois comme on dit...  Pour Jocelyne, c'est le cas!  La chance du débutant?  Pas vraiment, combien y avait-il de chances qu'elle se marie avec un Jocelyn?  Une sur des millions?  Et de gagner au Loto? 
 
Au lieu de louer sa bonne étoile, Jocelyne se méfie.  "Tout le monde saurait quoi faire avec une somme pareille.  Tu peux avoir une nouvelle vie."  lui dit son père.  Mais justement, elle a fini par s'accomoder de la sienne et le changement lui fait peur.  Et si cet argent remettait en question son petit bonheur fragile?  Pour contrer son angoisse, elle dresse des listes, liste de ses besoins, de ses envies...  faites de petits riens, de toutes ces petites choses qui nous permettent d'avancer dans la vie, de nous projeter dans le futur...  Mais une fois toutes ces envies comblées, que reste-t-il?

Avec La liste de mes envies, l'auteur réinterprète l'adage "L'argent ne fait pas le bonheur".  Il était intéressant de se retrouver dans la tête d'une madame-tout-le-monde-gagnante-du-gros-lot et de suivre ses conflits intérieurs.  Va-t-elle ou non empocher son fatidique chèque?  Si ce suspense a maintenu mon intérêt pour cette lecture, j'ai été quelque peu déçue par son dénouement.  J'en garde finalement un gout un peu amer...  Quoi qu'elle choisisse, l'héroïne est perdante.  Vaut-il mieux aimer mais ne pas être aimée en retour qu'être aimée sans pouvoir aimer en retour?  Cette question est finalement bien plus fondamentale pour elle que celle de l'argent!

En outre, l'auteur n'est pas tendre avec nous en soulignant notre besoin compulsif d'avoir plutôt qu'être:

"C'est le besoin d'un tapis antidérapant qui nous maintient en vie.  Ou d'un couscoussier.  D'un économe.  Alors on étale ses achats.  On programme les lieux où l'on va se rendre.  On compare parfois.  Un fer Calor contre un Rowenta.  On remplit les armoires lentement, les tiroirs un à un.  On passe une vie à remplir une maison; et quand elle est pleine, on casse les choses pour pouvoir les remplacer, pour avoir quelque chose à faire le lendemain.  On va même jusqu'à casser son couple pour se projeter dans une autre histoire, un autre futur, une autre maison.
Une autre vie à remplir."

Même si je partage cette analyse, ce récit m'a empli d'une espèce de réalisme un peu déprimant que les mails positifs des dernières pages n'ont pas (totalement) réussi à dissiper!  Peut-être faudrait-il que je me décide enfin à remplir une grille de Lotto (en Belgique, il y a deux "t"!) pour vérifier que l'argent ne fait peut-être pas le bonheur mais qu'il peut y contribuer tant qu'on n'oublie pas l'essentiel: AIMER!
 
Pour aller plus loin:






Avec ce titre, je participe au


d'Evy de L'Odyssée littéraire d'Evy
L'auteur est français et l'intrigue se déroule à Arras.


          

1 commentaire:

  1. Un livre qui m'a marqué, je pense. Je ne crois pas que je l'oublierai de si tôt.
    Bonne semaine.

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