lundi 13 août 2012

Le sumo qui ne pouvait pas grossir


L'histoire:

Jun, 15 ans, vit comme un clochard dans les rues de Tokyo.  Tournant résolument le dos à son enfance et refusant de penser à l'avenir, il a développé ce qu'il appelle "de l'allergie universelle" et fuit tout contact humain.  Aussi, lorsque Shomintsu, un maitre de Sumo,  l'interpelle chaque jour en lui disant: "Je vois un gros en toi.", il voit rouge!  Pourtant, cette rencontre pourrait changer son destin...

Mon avis:

Après Oscar et la dame rose, Les dix enfants que madame Ming n'a jamais eus, Monsieur Ibrahim et les fleurs du Coran, je poursuis ma découverte du Cycle de l'invisible de cet auteur que j'apprécie de plus en plus, au fil de mes lectures.

Ce qui me plait en premier lieu, c'est ce duo toujours magnifique entre l'enfant et l'adulte qu'il nous propose.  Cette relation n'est jamais à sens unique.  L'un et l'autre s'enrichissent mutuellement.  Maitre Shomintsu même si, comme vous le verrez, force quelque peu le destin, laisse à Jun le temps de cheminer...  En bon pédagogue, par une attention bienvaillante de tous les instants, en quelques mots ou gestes bien pesés, il jalonne son parcours afin qu'il puisse se remetttre progressivement sur les rails. 

Ensuite, ce texte est bourré d'optimisme: "A l'envers des nuages, il y a toujours un ciel..."  Dans ce récit, pour avancer, le narrateur doit se réconcilier avec lui-même et avec son enfance. 
"A moi, tu peux cacher ton nom, ton origine, tes traumatismes, ça ne m'empêche pas de vivre.  Toi, si tu te les caches, ça t'empêche de vivre."
Ce n'est qu'en exorcisant son passé qu'il pourra vivre son présent et construire son avenir. 
Pour maitriser ses pensées et son corps, il devra encore s'initier au boudhisme zen, la voie que lui propose maitre Shomintsu.

Enfin, malgré sa brièveté, cette histoire racontée à la première personne, est emplie d'une émotion vraie.  De celle qui vous fait monter les larmes aux yeux...  J'ai particulièrement été touchée par les lettres que la mère de Jun, analphabète, lui envoie pour lui crier son amour.

Je ne résiste d'ailleurs pas à l'envie de vous transcrire une partie:

"En quoi consistaient ses courriers?
Dans le premier, il y avait une feuille blanche.  Je la retournai, l'approchai, l'éloignai, puis, en l'examinant à contre-jour, j'aperçus une tache ronde qui, attendrissant la trame du papier, ombrait sa couleur.  Je reconnus une larme: maman avait pleuré à mon départ.
Dans la deuxième, manquait le papier.  Au fond, coincé entre les plis, gisait seulement un morceau de laine jaune pâle, doux, un brin de mohair pelucheux, celui avec lequel elle tricotait les vêtements de mon enfance.  Cela signifiait: je te serre contre moi."

En conclusion, un livre qui fait du bien!



Avec ce titre, je participe au challenge

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