vendredi 17 août 2012

Jakera





L’histoire :

D’un côté, le monde libre où l’accès à la culture est un droit fondamental !  De l’autre, Ierasia et son régime autarcique où tout est formaté et contrôlé par la Boxa, une cie privée en collusion avec le pouvoir en place.  Jinja, une jeune femme de 21 ans, s’en accommode parfaitement jusqu’au jour où son patron se met en tête d'ouvrir un cinéma clandestin et qu'elle fait la connaisssance de Jude, un étudiant en informatique anglais, qui bouleverse irrémédiablement sa vision du monde…

Mon avis :

Même si je ne me suis pas ennuyée à la lecture de ce titre, mon avis est plutôt mitigé.  J’avais été attirée par la couverture flamboyante et intriguée par ce monde où l’accès libre à la culture n’existait pas.  Au final, je suis quelque peu déçue. 

D’une part,  par l’intrigue elle-même.  L’auteure a choisi de planter la romance entre Jude et Jinja dans un contexte politique particulier, celui d’Iérasia, une dictature imaginaire mélangeant à la fois société inégalitaire et gouvernement liberticide.  Ce choix est à la fois original, intéressant et globalement bien mené.  Pourtant, il m’a manqué quelques éléments pour y adhérer pleinement.  On apprend notamment qu’Iérasia n’a pas toujours été ce qu’elle est, d’où nos questions légitimes sur les événements qui ont conduit à l’avènement d’un tel régime. Or, de réponses, je n'en ai trouvé aucune.  Dès le départ, on suppute également que les dissidents sont "éliminés" or je suis restée quelque peu sur ma faim car ce n'est que sur la fin du récit qu'on en apprend un peu plus à ce sujet.  C'est d'ailleurs la partie que j'ai préférée, le reste étant un peu trop policé à mon goût.  En effet, peu d'obstacles se dressent devant nos héros et leur projet de permettre au peuple d'accéder à la culture extra-muros. 
La définition de la culture constitue la deuxième pierre d'achoppement de ce récit.  Même si je suis la première à répéter que "peu importe le flacon, pourvu qu'on ait l'ivresse", j'ai été quelque peu surprise par le choix des films et livres que ces "révolutionnaires"  diffusent en contrebande.  Sans vouloir jouer les intellos de service, même si ces titres ont eu les faveurs du grand public (les miennes y compris) et sont des succès commerciaux planétaires indéniables, je m'attendais à d'autres oeuvres, peut-être plus intimistes; en tout cas, moins consensuelles et formatées justement!  Où sont les idées neuves qui pourraient véritablement porter cette révolution culturelle en marche à Jakera?  En ce qui concerne les références musicales, celles-ci me paraissent plus riches (The Kinks, The Beatles, Muse, Led Zeppelin,...).  

Enfin, le personnage de Jinja m’a profondément exaspérée les trois quarts du livre.  Voilà une jeune femme de 21 ans, sorte de Tanguy au féminin, qui se comporte comme une ado attardée tant dans sa vie de tous les jours que dans ses relations amoureuses.  Comme antihéros, on ne pouvait mieux faire. Sa vie est d'une telle platitude au début du roman qu'on en est réduit à découvrir dans le détail ses gestes du quotidien.  Un train-train vraiment peu emballant que l'auteur aurait pu franchement zapper.  Ce n’est que dans les dernières pages que le papillon sort enfin de sa chrysalide et applique l'adage de son amie Sarah: "Il vaut mieux une vie, même courte, intense en sensations qu'une vie longue et morne."

Peut-être que si Jinja et Sarah n'avaient fait qu'un, l'intrigue aurait été plus intéressante à mon goût.  Je regrette d'autant plus ce manque de consistance dans le chef de l'héroïne que les personnages qui gravitent autour d'elles ont, quant à eux, du potentiel.  C'est le cas notamment de Sarah qui ramène en fraude l'art dit "libre" mais aussi celui de Jude, ce pseudo étudiant qui a tout pour lui, beauté, intelligence et sens moral!

Gageons que si tome 2 il y a, l'auteure passe la vitesse supérieure et nous offre une intrigue plus explosive qui mette en scène des personnages aux caractères plus trempés, quitte à faire passer l'aspect sentimental au second plan!  Il me semble que tous les ingrédients sont là, reste peut-être maintenant à les doser autrement... 

Un autre avis?  Consultez celui de Cajou... 

2 commentaires:

  1. Je suis d'accord, point par point, avec toi ! L'auteure a choisi de cesser de faire vendre son roman tel quel et l'a réécrit en vue de le proposer à une autre maison d'édition :) J'espère que les points négatifs que nous soulignons seront améliorés dans cette réécriture, avec pour moi 2 aspects essentiels : un autre choix d'oeuvres à faire découvrir aux Iérasiens (des oeuvres qui auraient davantage que le but de juste "distraire") et une Jinja moins pénible ^^
    Biz !

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    1. Dommage pour l'auteure que l'éditeur n'ait pas joué ce rôle critique en amont de la publication! En tout cas, je loue son courage et la soutiens à fond dans ce projet de réécriture: son roman a un vrai potentiel!

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