mardi 10 juillet 2012

Monsieur Ibrahim et les Fleurs du Coran




Il y a des rencontres qui changent la vie !  Celle de Moïse, un jeune garçon juif de 11 ans privé d'amour, et de monsieur Ibrahim, "l'Arabe du quartier", est de celles-là... De triste et terne, la vie va alors se parer de mille couleurs...


Avec ce titre, et après Oscar et la dame rose et Les dix enfants que madame Ming n'a jamais eus, je poursuis le Cycle de l'Invisible d'Eric-Emmanuel Schmitt et découvre à nouveau une histoire qui donne à penser et qui fait du bien.  En effet, dans ces trois titres, il est question de lumière, de sagesse, de tolérance mais aussi d'espoir, d'amour, de bonheur... 

Il est question d'enfance également.  Ici, c'est celle de Moïse, un petit Juif de 11 ans qui vit à Paris, rue Bleue, dans les années 60.  Il s'agit d'une histoire vraie : celle du comédien Bruno Abraham-Kremer pour qui Eric-Emmanuel Schmitt a initialement écrit une pièce, devenue ensuite ce livre puis un film.

"Il y a des enfances qu'il faut quitter, des enfances dont il faut guérir."

Monsieur Ibrahim et les Fleurs du Coran est aussi et surtout l'histoire d'une rencontre où chacun va apporter à l'autre ce qui lui manque.  D'un côté, une figure paternelle pétrie d'amour et de sagesse; de l'autre, la fougue et l'énergie de la jeunesse.  Monsieur Ibrahim apprendra à Momo à sourire;  Momo permettra à monsieur Ibrahim d'entreprendre ce voyage pour revoir "sa mer de naissance"...

C'est également le récit du passage de l'adolescence à l'âge adulte.  Au fil de ses conversations avec monsieur Ibrahim, Momo va peu à peu faire le deuil de son enfance pourrie, s'ouvrir à la vie et à l'amour...  Il aurait très bien pu mal tourner (au début de l'histoire, il vole déjà !), sa rencontre avec le sage soufiste lui sauve la vie !

"Grâce à l'intervention de monsieur Ibrahim, le monde des adultes s'était fissuré, il n'offrait pas le même mur uniforme contre lequel je me cognais, une main se tendait à travers une fente."

Et nous, lecteurs ?  Que nous apporte la lecture de ce court récit (un peu moins de 60 pages) ?  Tout simplement, une bouffée de bonheur...  qui nous engage à sourire à la vie !

"- M'sieur Ibrahim, quand je dis que c'est un truc de gens riches, le sourire, je veux dire que c'est un truc pour les gens heureux.- Et bien, c'est là que tu te trompes.  C'est sourire, qui rend heureux.- Mon oeil.- Essaie."



A propos de l'adaptation cinématographique de son histoire, voici ce que dit l'auteur:

"Le roman tel que je le pratique fait énormément appel à l'imagination du lecteur.  Le cinéma, lui, impose ses images à l'imagination.  Le but de la comparaison ne serait pas de décider qui est le meilleur, film ou livre, mais de découvrir si l'on est d'abord un lecteur ou d'abord un spectateur..."

(extrait de l'interview accordé par E.-E. Schmitt pour le supplément pédagogique de cette collection)

Avec ce titre, je participe au challenge



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