lundi 16 avril 2012

La maison du magicien


L'histoire:

Angleterre, sous le règne d'Elizabeth Ire.  Pour échapper à un père tyrannique et violent, Lucy, une jeune gantière qui ambitionne d'être un jour demoiselle d'honneur de la reine, quitte son village d'Hazelgrove pour Londres où elle espère trouver un travail et peut-être faire fortune...  Ne dit-on pas qu'à Londres, les rues sont pavées d'or...
En chemin, elle sauve de la noyade Meryl, la fille cadette du Dr John Dee, un grand savant qui travaille pour la reine.  La jeune fille pressent que cette rencontre va changer son destin.  Elle est loin de se douter à quel point.

Mon avis:

La Maison du magicien est le premier tome d'une trilogie à la fois historique et fantastique de Mary Hooper publié aux éditions Gallimard Jeunesse en 2008.

Parcouru un peu en diagonale pour un concours Quiz organisé par On lit plus fort, j'ai eu l'occasion grâce à un challenge (dont je vous parle plus bas) de reprendre ce titre.
Bien m'en a pris...
Ce livre nous plonge dans l'Angleterre de la deuxième moitié du XVIe siècle.  Epoque où la reine Elizabeth Ire, alors âgée de plus de quarante ans, toujours célibataire et sans héritier, était la cible de nombreux attentats visant à la destituer de son trône au profit de sa cousine, Mary Stuart.



L'auteure, Mary Hooper, est coutumière des romans qui ont une toile de fond historique.  A la fin de ce premier tome , elle nous fournit une note sur les personnages où elle fait la part des choses entre ceux qui ont existé et ceux qui sont sortis de son imaginaire.  Un glossaire aide également le lecteur à appréhender le vocabulaire plus spécifique.  En outre, l'auteur s'est particulièrement documentée sur cette époque.  En témoignent ses descriptions précises et colorées de la luxuriance du palais de Richmond, des toilettes de la reine, de tous les petits métiers de l'époque et surtout de la bibliothèque du Dr Dee (qui passait jadis, nous précise encore l'auteure à la fin de son ouvrage,  pour la plus grande bibliothèque privée du pays)...

"J’avançai de quelques pas et, à mesure que mes yeux s’accoutumaient aux ténèbres, je vis qu’il y avait de lourdes tentures suspendues aux fenêtres et que la salle où j’avais pénétrée était aussi vaste qu’une grange. Voilà pourquoi la pâle lueur de ma pauvre chandelle ne parvenait pas à en éclairer l’autre extrémité. Cependant, je distinguai vaguement le mur opposé qui me semblait couvert d’une série de motifs irréguliers. Je pris d’abord ces motifs pour une sorte de peinture murale avant de découvrir, en m’approchant de plus près, qu’il s’agissait d’étagères chargées d’une quantité de livres – une extravagante quantité de livres. Jamais je ne me serais doutée ni n’aurais imaginé qu’il pût en exister autant dans le monde entier. Il faut dire qu’à la maison, nous n’en avions aucun. Le seul et unique livre que j’avais déjà vu était la Bible de l’église."

Outre ce contexte historique qui m'a plu, je me suis également attachée au personnage de Lucy.  Provenant d'un milieu très modeste, elle est illetrée.  Et si, au début, les livres lui font peur, elle prend très vite conscience de tout ce qu'ils peuvent lui apporter, d'où ses progrès fulgurants en lecture.
Coquette et très fleur bleue, comme toutes les jeunes filles de son âge et de sa condition, elle s'intéresse aux belles toilettes de la reine et de ses suivantes ainsi qu'à ses amours.  Elle-même ne restera pas insensible au charme du fou de la reine, Thomas. 
Mais, ne vous méprenez pas, Lucy est loin d'être une écervelée.  Loin d'être crédule comme la majorité de la population à cette époque, elle fait preuve d'esprit critique et remet très rapidement en cause les prétendus pouvoirs de son maitre et de son comparse, Mr Kelly.  En outre, elle ferait n'importe quoi pour la reine pour qui elle voue une admiration sans borne.

Alors, me demanderez-vous, où intervient le fantastique dans cette histoire?  Dans la personnalité même de Lucy.  Au fil de l'histoire, elle se rend compte qu'elle possède le "don de double vue" comme on disait à l'époque et, que par ses rêves prémonitoires, elle peut empêcher bien des drames.

Pourtant, c'est là que se situe la faiblesse de ce premier titre, ce n'est que très tardivement dans l'histoire que notre héroïne comprendra quelle mission capitale elle est appelée à effectuer.  Ce qui fait que si les trois quarts du livre sont plaisants, l'action proprement dite traine à se mettre en place.  Ce qui ne devrait plus être le cas pour les prochains tomes!

En conclusion, une entrée en matière plutôt réussie qui devrait plaire aux amateurs d'histoires...  et d'Histoire!

Les deux tomes suivants s'intitulent Espionne de Sa Majesté et La trahison.  Tout un programme!

Ce titre me permet de participer au challenge de Sophie:



L'année choisie était 2008!  Pour retrouver d'autres titres de cette année, cliquez sur le logo "Une année...  des livres".

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