jeudi 26 janvier 2012

Nantes, Renan Luce

Voici une nouvelle rubrique pour les amateurs de chansons françaises...

Pour le titre de la rubrique, j'attends vos suggestions...  En attendant, je pensais à "Elle nous fait chanter"...
Leçon du jour: langage familier, sens propre et sens figuré, figures de style

D'abord les paroles...



Là, après une première écoute, mes élèves me hurlent "M'dame, on comprend rien!"
Et vous?



L'histoire:

Le narrateur croise sur sa route une jeune et jolie auto-stoppeuse qui lui demande s'il va vers Nantes.  Ce n'est pas sa route mais, comme le jeune homme la trouve  jolie, il l'embarque...
En chemin, il est intrigué par le comportement particulièrement anxieux de sa passagère. 
Il profite d'un arrêt pour ouvrir son sac.  Avec stupeur, il y découvre des liasses de billets et une arme... 
Comme il n'est pas audacieux, il s'enfuit en la laissant sur le parking
Pris de regrets, il ne peut s'empêcher de se demander ce qui aurait pu se passer entre eux s'il avait poursuivi son chemin jusque Nantes!

Pour ceux qui seraient passés à côté...  voici le clip...

Maintenant, pour les plus forts, dans cette chanson, Renan Luce utilise de nombreuses expressions au sens figuré ainsi que plusieurs figures de style (une métaphore et une périphrase).

Vous avez trouvé?

Sont prises au sens figuré les expressions suivantes:

- "J'ai senti mes mains vissées sur le volant"

- "J'ai senti mes yeux glisser sur ses collants"

- "t'as passé les six heures dans le rétroviseur à torturer tes mains"

La métaphore (comparaison implicite) est "religieuse mante", puisque la jeune fille est dangereuse et envoutante comme un mante religieuse.




La périphrase (figure qui consiste à  dire en plusieurs mots ce qu’on pourrait dire en utilisant un seul terme) est "la ville Canari" pour désigner Nantes!  Cette image fait référence au surnom donné au club de foot de la ville dont les couleurs sont le vert et le jaune!



photo : les2nantaises.skyrock.com



Les paroles :

Nantes,  Renan Luce (Le clan des miros)

C'est d'abord sa frimousse
Avant de voir son pouce
Qui m'a fait ralentir
Sa voix à la portière
A ce ton de prière
De celles qui savent mentir

Ni perdue, ni mendiante
J'suis étudiante
Dans ta caisse, bringuebalante
Ta route, est-ce Nantes ?

Bien sûr, c'était pas mon chemin
Mais j'ai senti mes mains
Vissées sur le volant
J'ai jamais été audacieux
Mais j'ai senti mes yeux
Glisser sur ses collants

On a quitté Paris
Et la ville Canari
On l'atteindra demain
T'as passé les six heures
Dans le rétroviseur
À torturer tes mains

Court vêtue, impatiente
Qui es tu, diantre?
Qu'as tu vu qui te hante ?
Pour que tu mentes ?

Bien sûr, c'était pas mon problème
Mais quand j'ai vu l'emblème
D'une station Texaco
J'ai jamais été audacieux
Mais sur l' parking silencieux
J'ai garé mon tacot

Une station essence
Trois minutes d'absence
Il m'en fallait bien moins
Pour ouvrir son sac
Y trouver dix plaques
Et une arme de poing

Dangereuse, envoûtante
Religieuse mante
J'la revois, chancelante
Quand je la plante

Bien sûr parfois, je m'en souviens
C'est alors que revient
La question lancinante :
Si j'avais été audacieux
Qu'aurais-je vu sous les cieux
Qui s'étalaient sur Nantes?









1 commentaire:

  1. Intéressant ! J'aime bien Renan Luce et toute la poésie qui dégage de ses chansons, ses mots bien trouvés et jeux de mots aussi. Et puis, c'est bien, ça fait réviser parce que j'avoue... j'ai beau écrire un peu, mais les termes tels que "Périphrase", j'avais vraiment oublié ce que ça signifiait !

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