vendredi 13 janvier 2012

Le jeu de la mort

L'histoire:

Suite au décès de sa grand-mère, Kit (Christopher) Watson revient s'installer à Stoneygate avec ses parents afin de prendre soin de son grand-père. Le village garde encore partout les traces de son passé minier. Les collines sont creusées de puits, de fondrières, d'anciennes galeries. Le grand-père de Kit, comme tous les anciens de Stoneygate, a été mineur. Il conte à son petit-fils les anecdotes poignantes de son passé...
En 1821, cent dix-sept mineurs sont morts dans l'explosion de la mine, tous décédés à l'âge de neuf, dix, onze ou douze ans. Sur le mausolée en leur mémoire, figure le nom de Christopher Watson, mort à l'âge de 13 ans!
Un semaine après son arrivée, Kit fait la connaissance de John Askew, un garçon étrange de son âge qui lui annonce qu'ils seront frères, liés par le sang. Il lui propose de jouer avec sa bande au "jeu de la mort" qui consiste à faire semblant de mourir. Effrayé tout autant que fasciné, Kit accepte. Intronisé dans le groupe, il est désigné comme celui qui doit mourir. Ce qui n'avait été qu'un jeu pour les autres joueurs se révèle réel pour Kit. Il tombe dans le néant. Lorsqu'il se réveille, longtemps après, il aperçoit "ceux qui marchent à côté de nous dans le monde"... Kit, son grand-père et John sont les seuls à voir les esprits des disparus. Tous trois s'enfonçent de plus en plus dans cette expérience de l'au-delà.
Qui viendra les sauver? Qui les ramènera à la lumière? à la vie?

Mon avis:

Cette lecture, loin d'être un coup de coeur, possède toutefois de très nombreuses qualités. Parlons tout d'abord de ce qui m'a surprise. La 4e de couverture parle d' "une histoire envoutante, pleine d'énigmes et de magie". Est-ce vraiment le cas?
Tout d'abord, pour moi, les expériences que vivent les personnages s'apparentent davantage à celles du shaman qui communie avec les esprits des défunts qu'à de la magie. On est plus à la frontière entre réalité et monde onirique que dans une histoire fantastique.

Ensuite, cette histoire est plus noire qu'envoutante. C'est comme si Kit et John, héritiers du passé, n'avaient pas le droit de vivre. Leurs homonymes ne sont-ils pas morts au même âge qu'eux? Ce sentiment est encore renforcé pour John, brimé depuis l'enfance par un père ivrogne. Cette fascination pour la mort est présente tout au long du livre divisé en trois parties: automne, hiver et printemps.

 "Quand débute le printemps? En mars? Le jour où nous avançons nos montres d'une heure? Ou à l'aube de la première journée après le solstice d'hiver? En réalité, c'est à partir de cet instant que les jours allongent et que les nuits racourcissent. Le monde se tourne vers le soleil."

Enfin, j'ai également été décontenancée par le parti pris par l'auteur qui commence son récit par la fin. C'est un peu comme dans ces histoires policières où l'on assiste au meutre et où tout le jeu consiste à voir comment l'inspecteur finira par coincer le meurtrier. Ici, on sait d'emblée que les héros s'en sortiront, qu'ils choisiront la lumière. Reste à savoir comment ils vont y arriver. Le suspense réside davantage dans la psychologie des personnages et dans les relations qu'ils vont tisser entre eux.

C'est d'ailleurs le point le plus intéressant du roman. Les liens entre Kit et son grand-père m'ont particulièrement émue. Il lui transmet ses histoires et ses trésors.

J'ai également particulièrement apprécié le style de l'auteur. Il décrit à la perfection cette lande et cet univers qu'il connait bien puisqu'il est, lui aussi, originaire d'une région minière. En lisant la note biographique à la fin de l'ouvrage, on pourrait d'ailleurs presque croire qu'il s'agit d'un récit autobiographique.

En conclusion, Le jeu de la mort est un récit qui plaira davantage aux amateurs de récits psychologiques et décevra sans doute ceux qui s'attendent à un récit bien plus fantastique!

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