vendredi 13 janvier 2012

Les déchainés


"Vous avez encore 19 jours pour publier votre chronique de «Les déchainés»"

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Les jours s'égrènent et je n'ai toujours pas posté ce fameux texte... J'ai pourtant terminé le livre depuis quelques jours déjà mais, comme pour un bon repas, il me fallait le temps de le digérer pour en parler! Non qu'il soit indigeste, bien au contraire... Un poil trop copieux peut-être ou pas assez, selon que l'on considère le verre à moitié vide ou à moitié plein... Je m'explique.

Dans ce livre, l'auteur multiplie les procédés narratifs et, en ce sens, il plaira sans doute davantage aux profs de français qui trouveront matière pour illustrer leurs cours qu'à leurs élèves qui pourront s'y perdre. Ellipses, flashbacks, narrateurs multiples, emploi d'idiomes linguistiques, insertion de documents variés (courriels, article de journal, lettres, etc.) : autant de procédés qui ont pour objet de nous amener, touche par touche, à brosser le portrait de toute une lignée familiale. Cette manière d'écrire pourra sans doute déranger certains mais, pour ma part, je l'ai trouvée moderne et attractive. Toutefois, malheureusement - et c'est là, à mon sens, que le bas blesse-, si les personnages ne découvrent que progressivement la clé de voute de l'histoire, le lecteur, quant à lui, tombe sur le pot aux roses dès le début de l'histoire. C'est cet unique élément qui m'a dérangée! J'aurais aimé être tenue en haleine bien plus longtemps et découvrir bien plus tard l'origine de cette malédiction familiale. Dommage, je suis passée un rien à côté du "coup de coeur"!
Hormis ce détail "de taille" quant à la forme, j'ai tout à fait adhéré sur le fond. Comme une des protagonistes de cette saga familiale, je suis persuadée que tout être humain a besoin de connaitre ses racines pour se construire et vivre SA vie.  "On peut ensevelir de toutes les manières possibles son passé, il ressurgit d'une façon ou d'une autre (...). Et ce passé, il s'impose à nous de toutes les manières possibles de sorte qu'on puisse, accéder à une autre étape. Grandir en quelque sorte. Pour -oserais-je? - vivre pleinement le présent."

Pourquoi ce titre "Les déchainés"? Ce n'est pas tant de leur condition d'esclaves que doivent s'affranchir les personnages car, au début du récit, en Martinique en 1871, cela fait presque 30 ans que l'esclavagisme a été aboli... En tout cas sur papier; dans les faits, c'est encore une autre histoire! Non, il s'agit plutôt pour eux de s'affranchir des liens du passé qui continuent à peser sur leurs vies! L'explication est donnée par la narratrice de cette histoire de famille:

"(...) je me suis rendue compte que nous étions tous les maillons, inconscients, d'une chaîne dont nous avions la possibilité de nous défaire ou, au contraire, à partir de laquelle nous pouvions puiser des forces. (...) cette chaîne peut être une entrave autant qu'un lien, dès lors qu'on connaît mieux les circonstances et les raisons de notre présence dans ce monde."

Pour conclure: "Les déchaînés" est un récit de vie original dans sa construction, assez osé par moments pour un public ado (mais faut bien que jeunesse se passe), qui nous balade de Martinique en 1871 à Paris en 2005 en passant par la France occupée en 1943... L' écriture est fluide et actuelle. On y trouve également des réflexions intéressantes sur la lecture...
Bref, cet ouvrage contient tous les ingrédients d'un succès! Maintenant, si comme moi vous vous sentez un peu -beaucoup- frustrée par ce suspense quelque peu avorté dans l'oeuf, je vous conseille de vous centrer davantage sur la destinée dramatique des personnages qui va en découler... Vont-ils pouvoir se défaire de ce si pesant secret? Tout le suspense résidera alors dans la réponse à cette question!

Un grand merci à Babelio, Masse critique Jeunesse et les éditions Sarbacane pour cette découverte.

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