samedi 14 janvier 2012

L'Apiculteur

J'ai découvert il y a peu Maxence Fermine en lisant "Neige". La beauté et la pureté de ce texte m'a donné l'envie d'en dévorer plus... "L'Apiculteur" m'a été prêté par une prof d'Art... Cela ne m'étonne pas. En filigrane de cette histoire, on y découvre toute la fascination de l'auteur pour la couleur...

Epigraphe:

"Il est vain d'exiger de la vie davantage que cette secrète harmonie qui nous unit passagèrement au grand mystère des autres et nous permet de parcourir en leur compagnie une partie du chemin."
Alvaro Mutis

L'histoire:

Aurélien Rochefer vit en Provence. Pour Léopold, son grand-père, l'or du pays, c'est le bleu de la lavande. Aurélien, lui aussi, est chercheur d'or mais son or à lui est jaune, comme le miel! Il veut devenir apiculteur depuis, qu'enfant, une abeille a posé sur sa ligne de vie une trace de pollen doré... Ce n'est pas tant l'attrait de la fortune qui le motive mais plutôt la recherche de la beauté...
Pour réaliser son rêve et enfin trouver "son or", il devra le remettre plusieurs fois sur le métier, tout abandonner, se perdre au fin fond de l'Afrique, en Abyssinie, faire des rencontres improbables,...
Bref, il devra aimer, souffrir, VIVRE SON REVE...

Mon avis:

"L'Apiculteur" est un roman initiatique (tout comme "Neige") où l'on suit un homme en construction... Il devra TOUT perdre, lui y compris, pour mieux se retrouver et dénicher cet or qu'il avait sous les yeux depuis le début. Au delà de cette leçon de vie, j'ai retrouvé avec plaisir le style inimitable de l'auteur, à la fois économe en mots et pourtant si poétique.

"Pour Aurélien, la vie était une curieuse abeille d'or qui brille au loin, s'envole, se grise de parfum en parfum, se cogne aux vitraux du soleil et cherche, dans l'immensité du ciel, le nectar de sa propre fleur."
 Ce livre est gorgé de lumière et de soleil. Le rêve d'Aurélien est loin d'être évanescent; il est, tout au contraire, vif et brûlant comme l'or... Dans sa douce folie, il croisera notamment la route, pour notre plus grand bonheur, du grand Vincent Van Gogh.

" A la terrasse d'un café, devant son absinthe, il remarqua un homme étrange, debout dans la rue, en train de peindre. Cet homme peignait avec fureur, presque avec folie, et pourtant en silence, comme s'il était enfermé dans une bulle de rêve et qu'il était seul au monde. Il avait les cheveux roux, portait un chapeau de paille et une chemise bleu lavande. Son regard laissait deviner une forme imprécise et délicate qui trahissait comme un ennui de vivre."

Celui-ci lui peindra, contre un flacon d'essence de lavande, le portrait de la femme de son rêve...

On y découvre aussi une Afrique belle, dangereuse et envoûtante, comme le serait une femme, cette femme "aux yeux et cheveux noirs, à la peau couleur d'or"...

En conclusion: Un roman à la fois doux et fort comme une gorgée de miel, à déguster sans modération...

"L'Apiculteur", Maxence Fermine, Albin Michel, 2000

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