mercredi 25 janvier 2012

La parole à Mimi...

"Voulez-vous blogger avec moi?" - numéro 1

Ce vendredi 27 janvier, Isabelle Godfurnon sortira en librairie son troisième livre en moins de deux ans.  Après deux livres hommages, le premier, à l'école d'hier et d'aujourd'hui (1); le second, à son terroir (2), elle s'essaie dans ce troisième titre à un genre littéraire bien particulier: le roman épistolaire.

Dans "L'insolite correspondance de Madame Mimi", "c'est Madame Mimi, mon sympathique bouvier bernois, qui prend la plume pour brosser, avec tendresse, humour et impertinence, le monde bien complexe des humains d'aujourd'hui", confie Isabelle dans un article de L'Avenir.

Cette correspondance est l'occasion pour l'auteure d'aborder de nombreux thèmes de société comme la maltraitance animale, le sort des moins nantis, la place des ainés dans notre société...



Cette prof de français à l'Institut de la Providence de Champion, bien connue de nombreuses générations d'étudiants pour son dynamisme et ses nombreux talents: peinture, chant, mise en scène de spectacles musicaux, etc., encourageait depuis des années ses élèves à écrire...  Aujourd'hui, elle est passée de l'autre côté du miroir, avec énormément de succès.

C'est avec beaucoup de simplicité et de coeur qu'elle a accepté d'emblée cet interview et s'est prêtée au jeu des questions et réponses...


Bonjour Isabelle.  Merci de participer à ce premier "Voulez-vous blogger avec moi?"  et de répondre aux questions de "Qu'importe le flacon, pourvu qu'on ait LIVREsse".
A propos, partages-tu cette phrase d'Alfred de Musset : "Qu'importe le flacon, pourvu qu'on ait l'ivresse"?


(Les droits imprescriptibles du lecteur, Daniel Pennac)

Tout à fait!  En matière de lecture, la première urgence est de susciter ou de réactiver le plaisir de lire auprès des jeunes et des moins jeunes.  Peu importe le moyen utilisé et le type de livre.  Le plaisir de lire peut trouver sa source dans différentes catégories de livres et il serait dangereux et réducteur de cataloguer les productions écrites par rapport à une échelle de valeur.  Tous les livres sont légitimes.  Ce sont les lecteurs qui leur donnent cette légitimité.  L'important, c'est de devenir des dévoreurs.  Car lire est un plaisir intense.  Comme dirait Montesquieu dans une de ses citations célèbres:

"Je n'ai jamais eu de chagrin qu'une heure de lecture
n'ait dissipé."

Tes deux premiers ouvrages étaient tous deux des livres hommages...  A l'école, à ton terroir...  Est-ce également le cas pour ce 3e titre?

Oui mais le concept est plus élargi ici.  En effet, dans L'insolite correspondance de Madame Mimi, j'ai voulu rendre hommage aux animaux, nos compagnons du quotidien, pour le bonheur qu'ils nous donnent et pour leur fidélité.  J'ai aussi voulu saluer tous les hommes qui les protègent et les sauvent d'une barbarie hélas trop présente.  Par extension, mon livre est aussi un clin d'oeil à tous ceux qui parlent le Langage du monde, qui va bien au-delà des mots.

Il s'agit donc d'un roman épistolaire...  Pourquoi ce choix?

Depuis que j'ai lu Le cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates (3), j'ai eu envie d'écrire un roman épistolaire...

Ce genre littéraire t'a-t-il posé davantage de difficultés d'écriture?

Oui, j'ai rencontré certaines difficultés inhérentes au genre.
D'abord la cohérence dans la chronologie, la difficulté étant ici de rester logique avec des lettres de destinataires différents qui se croisent puisque Madame Mimi, ma narratrice, bouvier berlinois de son état, écrit à une dizaine d'animaux qui, à leur tour, lui répondent.
La deuxième difficulté réside dans la diversité des tons et des styles.  Mes onze personnages ne pouvaient pas tous avoir le même style d'écriture et employer le même ton.  Je les ai voulus bien typés.  Philogène, le pékinois du Palais royal ne s'exprime pas comme Smic, le chien d'un SDF ou comme Wilson, le lord anglais.  C'est normal.
La troisième difficulté a été le dosage de la complexité.  Il fallait que l'intrigue reste compréhensible malgré le nombre de correspondants.
La quatrième et dernière difficulté a tenu à la nécessité absolue de lier les lettres pour éviter une impression de juxtaposition.

As-tu un rituel avant de commencer à écrire un livre?  pendant l'écriture?  après l'avoir écrit?

Je n'ai pas vraiment de rituel.  J'écris partout et presque même dans ma voiture.  Je dois parfois me ranger sur le bas-côté de la route quand une idée me vient au volant.  Il m'arrive aussi de me lever la nuit pour écrire quelques pages.  Sinon, j'aime rédiger dans ma véranda, au milieu des orchidées et des orangers, en toute tranquillité.

Tu as commencé à écrire suite à une boutade d'un élève.  Aurais-tu des conseils à donner à ceux qui voudraient suivre tes traces?

Le seul conseil que je puisse donner, c'est:

"Foncez!  N'hésitez pas!  Ecrivez!" 

Au début, on a toujours peur, peur de ne pas être assez ceci ou cela, peur de ne pas écrire assez bien, peur de la manière dont on sera jugé.  Si l'écriture fait partie de vos projets ou de vos rêves, suivez votre voie.  Il n'est rien de plus terrible que de ne pas suivre l'appel du bonheur.  Ce qui n'empêche nullement de se perfectionner sans cesse dans l'usage du vocabulaire ou dans les techniques de la langue.

Récemment, tu me confiais que suite à la publication de tes ouvrages, tu avais fait de belles rencontres...

Effectivement, j'ai rencontré de belles personnes parmi mes lecteurs.  Et j'ai eu la chance de participer à des échanges humains et littéraires valorisants et constructifs.

Cette casquette d'auteure a-t-elle eu des répercussions sur ta manière d'exercer ton métier de prof?

Oui, je me suis humanisée davantage au contact des gens, j'ai appris à écouter ce qu'ils avaient à me dire.  En m'adonnant à l'écriture moi-même, j'ai aussi cessé d'être uniquement celle qui donne des travaux d'écriture aux élèves.  Comme eux, je suis devenue "apprentie écrivante".

Une petite info quant au 4e livre?

Ah ah!  Je peux déjà te dire que ce sera un recueil de nouvelles.  J'ai toujours apprécié ce genre court et incisif.  J'en avais d'ailleurs fait le sujet de mon mémoire de fin d'études à l'UCL.

Quel en est le fil conducteur?

Le point commun entre tous ces petits récits futurs, ce sera "un autre regard".  Ou la réalité vue à l'envers, si on veut.  Je vais donner la parole à ceux dont on ne parle jamais et même aux objets qu'on ne remarque plus.

As-tu déjà d'autres projets en tête?

Les projets chez moi, ce n'est pas ce qui manque!  Dans deux mois (les 30-31 mars et 1er avril 2012), la troupe musicale dont je m'occupe, "Libertad", va sortir son septième spectacle à La Marlagne.  Quatre-vingt personnes enthousiastes et talentueuses vont unir leurs efforts et leurs envies pour chanter, jouer, danser, autour du thème de l'amitié, en faveur de deux associations, l'Association Belge de lutte contre la Mucoviscidose (ABLM) et l'Association Nos Enfants Cardiaques.

J'ai aussi le projet d'écrire une pièce de théâtre.  Ce sera sans doute au programme dans les années à venir.

2011 a été particulièrement riche en événements littéraires pour toi...  Que peut-on te souhaiter pour 2012?

De continuer sur ma lancée.  D'être toujours inspirée comme aujourd'hui et d'avoir toujours
le virus de la lecture et de l'écriture, le seul virus qui vous renforce, vous donne des ailes et dont on ne se lasse pas!

Voilà une phrase qui clôt à merveille cet entretien et qui ne peut que plaire aux  dévoreurs de livres que nous sommes!

Je te remercie...  Je te fixe d'ores et déjà rendez-vous ici-même pour parler de ton quatrième livre!

Infos pratiques:

"La correspondance insolite de Madame Mimi"
auteure: Isabelle Godfurnon
date de sortie: 27/01/2012
pages: 300
prix: 16 euros


Pour une rencontre avec l'auteure et la déjà célèbre Madame Mimi: rendez-vous les 4 et 5 février prochains entre 10 et 18 heures à leur domicile (4).


Attribuons le mot de la fin à Madame Mimi...


(Chien de l'Instit, ecrireavecludo.blogspot.com)

Pour aller plus loin:


(1) Monter la garde aux frontières de l'ignorance ou quelques considérations sans importance sur l'école d'aujourd'hui
(2) Tendres campagnes
(3) Le cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates, Mary Ann Shaffer et Annie Barrows
(4) Isabelle Godfurnon, sentier de l'Eglise 3, Folx-les-Caves, 0475/53.56.47

7 commentaires:

  1. L'édition, c'est le parcours du combattant.
    Je souhaite beaucoup de succès à ce professeur qui a fait le pas.

    Pour les challlenges, ce n'est pas compliqué. Tu t'inscris chez les blogueurs qui les organisent. Tu en trouveras au fur et à mesure de tes pérégrinations sur les blogs ou tu suis les liens donnés par certains (j'en ai donné deux hier).

    Bonne fin de soirée.

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  2. Merci pour tes encouragements -je lui transmettrai- et pour toutes ces précieuses infos ;-)
    A bientôt, au détour d'un blog...
    Bonne fin de soirée également.

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  3. Bonjour,

    Je suis étudiante en traduction et je suis des cours de littérature dans le cadre de ces études. Nous allons bientôt commencer à étudier le style épistolaire, notamment avec Madame de Sévigné. Notre prof nous a demandé de rechercher un auteur de roman épistolaire, et je suis tombée tout à fait par hasard sur cet article. Je trouve que cela pourrait être intéressant de "travailler" sur une œuvre d'un auteur belge, qui plus est avec un roman qui a l'air très intéressant à lire! Serait-il possible d'avoir une adresse mail pour contacter Madame Godfurnon, afin de pouvoir entamer mon travail?

    D'avance merci :)

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    1. Bonsoir!
      Lui ai transmis ta demande...

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    2. Voici Jessica... l'adresse de l'auteure : igodfurnon@hotmail.com
      J'espère que cette rencontre et ce travail t'apporteront beaucoup de satisfactions!
      N'hésite pas à refaire un petit tour par ici pour partager ton avis... Tu connais l'adresse maintenant!
      A bientôt ;-)

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  4. J'ai beaucoup apprécié cet entretien et l'idée de ce livre.
    Bon weekend Céline.

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