mercredi 2 janvier 2019

Les Nombrils 8 - Ex, drague et rock'n'roll !


Rien ne va plus chez les Nombrils.  Karine poursuit sa carrière naissante avec le groupe des Albinos et découvre, parfois à ses dépends, que tout n'est pas rose au pays du star system.  Sa popularité va grandissante au lycée, au grand dam de Vicky qui en prend ombrage.  Il faut dire que cette dernière vit très mal sa cohabitation "forcée" avec Jenny.  Depuis que le père de Vicky a emménagé avec la mère de Jenny, c'est la guerre entre les deux ex-meilleures amies.  Vicky rendant Jenny responsable de tous ses malheurs.  Les choses se corsent encore quand Vicky décide de se venger...  
Les trois amies réussiront-elles à se retrouver ?

Il est toujours agréable de retrouver des personnages que l'on suit depuis plusieurs années.  En ce qui concerne Les Nombrils, on n'est pas déçus.  En effet, d'album en album, ceux-ci ont pris davantage de consistance.  Des gags du début liés au physique de vilain petit canard de Karine, faire-valoir de ses deux "amies" Vicky et Jenny, on en est aujourd'hui à suivre l'évolution de trois personnalités qui se cherchent...  Chacune avec son parcours de vie, ses failles et ses fêlures, ses ressources internes...  Les voir se débattre face aux aléas de l'existence nous les rend plus proches et sympathiques.  On s'imagine également quelles jeunes adultes accomplies elles pourraient devenir si elles effectuent les bons choix. 

"C'est ça notre message : c'est à nous de décider.  Il ne faut pas laisser la vie faire de nous ce qu'elle veut.  Car au final, le seul moyen de décider qui nous serons demain, ce sont les choix que nous faisons aujourd'hui."

De choix, voilà bien le centre de cet album.  A l'adolescence, il n'est pas toujours aisé de les assumer.  (Cela ne l'est parfois pas plus à l'âge adulte !)  A un âge où le regard de l'autre revêt une importance extrême, il n'est pas aisé de sortir du moule et de s'affranchir de la case dans laquelle on (s')est rangé.  C'est ce qu'expérimente, parfois douloureusement, nos trois héroïnes.  Chacune à des rythmes différents, quitte parfois à descendre jusqu'au fond ou à se fourvoyer de route.  Dans cet album, c'est sans doute Jenny qui boit le vin jusqu'à la lie...  Quoique !

Parallèlement à cette question fondamentale du libre-arbitre, il en est une autre, tout aussi fondamentale, celle de la confiance en soi.  Et comment la développer si on se ne connaît pas soi-même et que l'on se cache derrière des faux semblants ?

Avec ce 8e opus, vous l'aurez compris, les auteurs placent la barre encore plus haut.  De la bédé humoristique du début, la série a acquis en profondeur, pour le plus grand plaisir d'un lectorat qui gagne en maturité.  Aux gags toujours bien présents mais peut-être plus subtils, au dessin toujours aussi dynamique, aux dialogues croustillants comme on les aime, s'ajoute une intrigue qui garde en haleine le lecteur jusqu'au bout.  Et, même plus puisque les trois dernières vignettes nous donne une furieuse envie de découvrir la suite !

A suivre donc !


Pour aller plus loin :

https://www.facebook.com/lesnombrils/
Je profite des Nombrils (image publiée sur leur page FB) pour vous souhaiter une excellente année 2019.  N'oubliez pas, en matière de lectures, peu importe le flacon, pourvu qu'on ait l'ivresse :-)

samedi 29 décembre 2018

La grande épopée des Chevaliers de la Table ronde - Tome 2 Lancelot et Guenièvre

"Ce matin-là aurait pu être un matin comme les autres.  Il ne l'était pas.  Ce matin-là, l'enfant du château de cristal avait pris une grande décision.  Il voulait voir le monde du dehors..."
Cet enfant, c'est Beau Trouvé, élevé par Viviane, la Dame du Lac, et par Merlin.  Ses pérégrinations l'emmèneront à découvrir son passé et son futur.  Quant à son présent, il sera à la fois partagé entre exploits extraordinaires et amour indéfectible pour sa dame de cœur, Guenièvre.  Un amour défendu qui l'amènera à poser des choix quant à sa destinée...





Un réel plaisir de se replonger une nouvelle fois dans cette épopée merveilleuse d'Arthur et de ses chevaliers.

Dans mon article sur le tome 1, je vous avouais combien L'Enchanteur de Barjavel avait été l'un des textes fondateurs de mes goûts de jeune lectrice et pourquoi je ne pouvais donc passer à côté de cette réécriture à destination des plus jeunes...  La crainte étant que cette version souffre de la comparaison.  Ce ne fut pas le cas, bien au contraire.  En est-il de même pour ce second tome ?

On retrouve dans ce 2e volet tous les ingrédients narratifs qui ont contribué - à mon sens - à la pleine réussite du 1er : 50 chapitres courts pouvant être lus à haute voix, le principe du "turn-over" et des titres accroches donnant envie d'aller plus loin, les très belles illustrations d'Olivier Charpentier...


En fin d'ouvrage, on retrouve également la liste des personnages ainsi qu'un court lexique avec l'explication de quelques termes plus complexes pour les plus jeunes.

A cela s'ajoute le fait qu'il s'agisse d'un bel ouvrage, tant dans le format que dans la qualité du papier.  Un de ces ouvrages que tout lecteur aimera conserver dans sa bibliothèque et transmettre à la génération future.

Qu'en est-il du fond ?

L'écriture de Sophie Lamoureux est toujours aussi efficace.  Avec des termes simples, sans être simplistes, elle parvient à embarquer le (jeune) lecteur qui ne s'étonne nullement de la succession effrenée des exploits narrés ni des sortilèges de toutes sortes que rencontrent les personnages.

Elle accroche définitivement au passage les adultes avec de divins clins d'oeil à d'autres références littéraires de choix.  Jugez plutôt :

"Le demoiselle releva la tête pour protester.  Beau lui apparut alors.
- Etes-vous un ange ?  lui demanda-t-elle, émerveillée par sa beauté.
- Qui sait ?  s'amusa Beau.
- Par ma foi, si votre courage se rapporte à votre image, vous êtes peut-être celui qu'on attend dans ces bois !"

Ici, comme l'indique le titre de ce tome, l'accent est mis sur Lancelot et Guenièvre.  Au risque peut-être de faire pâlir quelque peu l'aura du roi Arthur lui-même qui passe, sur tous les fronts, au second plan.   Idem pour Merlin qui attend que l'orage passe et que la quête du Saint Graal puisse commencer.

Un coup d'épée dans l'eau me direz-vous !  Non, car ce passage de l'histoire permet d'étoffer quelque peu les personnages, de découvrir que, sous l'idéal chevaleresque, se cache des hommes comme les autres avec leurs failles et leurs tourments.  Ce qui nous les rend plus accessibles et plus attachants...

Mais très vite - que les moins romantiques se rassurent -, l'appel de l'action repointe le bout de son nez : "Seule une vie au service d'une quête plus grande que nous mérite d'être vécue."

Suite au prochain tome...

Pour aller plus loin :

vendredi 28 décembre 2018

Les Petites Reines





Renouant peu à peu avec le blog, j'y redécouvre avec plaisir des avis laissés en jachère.  C'est le cas ici avec ce roman Les Petites reines de Clémentine Beauvais, emporté dans mes bagages l'été 2017...  Il mérite bien d'être sorti du placard !

Etre élue "Boudin de l'année" sur Facebook, c'est plutôt la mort, a fortiori quand on est ado et pas trop bien dans sa peau.  Pour Mireille, rien de nouveau, quoique : après deux années de sacre comme Boudin d'Or, la voici reléguée à la troisième place, celle de Boudin de Bronze !  Qui sont ces nouvelles finalistes, Hakima et Astrid, qui lui ont "pris" sa place ?  Sont-elles combatives comme elle, bien décidées à ne pas se laisser atteindre par ce concours cruel ?  Mireille ne tarde pas à le découvrir et bien plus encore.

Voici un roman qui pourrait tourner sans fin autour de ces délicates questions du mauvais usage d'Internet par les jeunes, du bashing et du cyber-harcèlement.  L'auteur ne s'y enlise pas.  Bien au contraire, elle nous délivre ici un message d'espoir à chercher du côté de l'entraide, la solidarité, le dépassement et la découverte de soi.  

Malgré les failles et les blessures à vif des protagonistes, ensemble, ils peuvent soulever des montagnes.  Ici, en l'occurrence, rallier Bourg-en-Bresse à Paris et se faire inviter à l'Elysée en pleines festivités du 14 juillet ...

Tour à tour, on rit, on pleure, on s'émeut un moment du parcours de vie des uns et des autres pour, très vite, regarder vers l'avant, là où, en y croyant et en se serrant les coudes, on peut se voir pousser des ailes.

Non, les "vilains petits canards" ne vont pas au terme de l'histoire se transformer en beaux cygnes majestueux.  Et pourtant, au-delà de cet aspect physique si important à l'âge où l'on construit son identité, nos trois héroïnes vont découvrir qu'il y a un bien bien plus précieux que nul ne peut atteindre quand les bases sur laquelle il se construit sont solides : la confiance en soi !

Bref, un roman peut-être un brin idéaliste mais ô combien optimiste qui devrait donner la niaque à tous les "boudins" du monde !